Le Kenya, l’Éthiopie, le Nigéria et le Gabon renforcent leurs mécanismes de financement pour protéger et restaurer leurs forêts, alors que les ressources consacrées à ce secteur restent largement inférieures aux besoins mondiaux.
Des avancées dans la protection des forêts sont mises en évidence dans le premier rapport d’étape de la Feuille de route sur le financement forestier du Forest & Climate Leaders’ Partnership (FCLP), présenté mercredi à l’occasion de la Climate Week NYC.
Selon le rapport, les financements forestiers commencent à progresser, mais leur rythme demeure insuffisant pour atteindre l’objectif international de mettre fin à la déforestation et d’inverser la tendance d’ici 2030. Le déficit annuel est estimé à 66,8 milliards de dollars, tandis que les forêts reçoivent moins de 1 % des financements climatiques mondiaux.
L’Afrique, qui compte environ 663 millions d’hectares de forêts, soit 16 % des forêts mondiales, développe plusieurs approches pour combler une partie de ce déficit.
Au Kenya, plus de 229 millions de dollars de nouveaux financements extérieurs ont été approuvés pour soutenir le développement économique lié aux forêts et aux paysages. Le pays a également renforcé ses ressources budgétaires consacrées au secteur forestier.
En Éthiopie, le gouvernement consacre entre 0,5 % et 1 % de son budget annuel, soit environ 40 à 80 millions de dollars, à la restauration des paysages. Ce financement public a contribué à mobiliser plusieurs centaines de millions de dollars supplémentaires auprès de partenaires internationaux.
Le Nigéria prépare pour sa part le lancement international de son Paquet Pays « Securing Nigeria’s Forest Future ». Ce mécanisme doit permettre de coordonner les financements publics, privés et internationaux autour des priorités nationales en matière de forêts, de climat et de biodiversité.
Au Gabon, les mécanismes de financement basés sur les résultats prennent une place croissante. Le portefeuille de paiements pour services écosystémiques développé avec l’Initiative pour les forêts d’Afrique centrale (CAFI) atteint 290 millions de dollars et vise jusqu’à 2 milliards de dollars d’ici 2035.
Pour Emelyne Cheney, directrice du Secrétariat du FCLP, ces initiatives montrent que les solutions de financement existent, mais qu’elles doivent désormais être déployées à une échelle beaucoup plus importante.
« Les pressions sur les forêts s’intensifient et les solutions sont connues, mais elles exigent une attention politique soutenue et des investissements à grande échelle », a-t-elle déclaré.
À l’approche de la COP32, prévue en 2027 à Addis-Abeba, ces expériences pourraient contribuer à renforcer la place des pays africains dans les discussions internationales sur le financement de la protection des forêts.
TE/Sf/APA





