Une étape historique vient d’être franchie pour l’adéquation entre formation et emploi en Côte d’Ivoire. Le cabinet du ministre délégué chargé de l’Enseignement Technique, Jean-Louis Moulot, a abrité ce jeudi la signature de la Convention de délégation de gestion du Centre de Formation par Apprentissage des métiers des Travaux Publics et des Mines (CFA TP-Mines) de Gagnoa (Ouest ivoirien).
La signée pour la gestion du CFA TP-Mines de Gagnoa lie l’État ivoirien au Consortium des entreprises du secteur (CESTPM-CI). Parallèlement, le Groupement ivoirien du bâtiment et des travaux publics (GIBTP) a officiellement adhéré au Pacte Industrie–Enseignement Technique et Professionnel (PIETP).
Ce projet d’envergure, attendu depuis plus de huit ans, est porté par les entreprises du secteur des Travaux Publics et des Mines qui représentent 14% du PIB ivoirien. Il s’agit d’un Centre de formation pratique pour le BTP et les Mines.
Après le retrait des partenaires du Millennium Challenge Corporation (MCC), le GIBTP et le Groupement des professionnels des mines de Côte d’Ivoire (GPMCI) ont fait preuve de résilience pour mener l’initiative à son terme.
Ils ont bénéficié de l’appui crucial du ministère de tutelle, qui a mis à disposition la réserve foncière du Lycée Technique de Gagnoa et financé les premiers équipements, aux côtés de contributeurs majeurs comme la Fondation Caterpillar et plusieurs multinationales du secteur (Colas, Neemba, Porteo, etc.).

Lamine Koné, le président du GIBTP et du CESTPM-CI, a précisé lors de la signature de convention, ce jeudi 16 juillet 2026, au Cabinet de Jean-Louis Moulot, ministre Délégué chargé de l’Enseignement technique, que ce centre se veut un pôle d’excellence aux standards internationaux pour pallier le manque critique de main-d’œuvre qualifiée.
Il a profité de l’occasion pour lancer un plaidoyer auprès des pouvoirs publics afin de mobiliser 5 milliards de FCFA nécessaires à la construction de la seconde phase du centre, tout en sollicitant l’affectation de personnel encadrant pour un démarrage effectif des cours dès la rentrée de septembre.
Pour le ministre Jean-Louis Moulot, cette synergie s’inscrit pleinement dans le Plan national de développement (PND) 2026-2030. Confier la gestion au secteur privé permet de concevoir des programmes sur-mesure et de basculer vers une formation par alternance.
« C’est dans cette dynamique que nous avons décidé de concéder la gestion du centre de formation de Gagnoa au Groupement ivoirien des BTP et des Mines. Cela permet de proposer des formations bien adaptées aux besoins réels des entreprises et d’avoir un contenu de formation revisité », a-t-il relevé.
« Cette formation se fait également à travers l’apprentissage. Les apprenants seront déjà en entreprise, ce qui va, selon le PND, permettre de porter de 35 % à 70 % le nombre de jeunes apprenants insérés à l’horizon 2030 » en termes de taux d’insertion, a-t-il poursuivi.

Une seconde convention a porté sur l’adhésion du Groupement des professionnels des mines de Côte d’Ivoire au Pacte Industrie–Formation, qui a été lancé à l’occasion de la première édition du Salon national de l’enseignement technique.
Jean-Louis Moulot a expliqué que c’est un véhicule qui permet au secteur privé et à la puissance publique de s’associer pour la formation et la production de compétences techniques. L’objectif est de développer le capital humain aux fins de doter la Côte d’Ivoire de compétences pour accompagner son industrialisation.
À travers cette convention, le groupement professionnel des miniers s’engage aux côtés de l’État à définir le contenu des formations dispensées dans ces filières afin de s’assurer qu’elles sont conformes aux besoins des entreprises, a fait savoir Jean-Louis Moulot.
« Le groupement va également contribuer à l’équipement des centres de formation et va pouvoir s’engager sur des formations en alternance afin de renforcer l’employabilité de nos jeunes », a-t-il souligné, insistant que « dans le PND, notre ordre d’enseignement doit atteindre 70 % d’insertion des diplômés en 2030. »
AP/Sf/APA







