Nestlé Côte d’Ivoire, filiale du géant agro-alimentaire suisse, accompagne, en collaboration avec l’Unesco, des « Mamies Maggi », commerçantes qui vendent ses bouillons sur les marchés, dans le cadre d’un programme d’alphabétisation.
La filiale agroalimentaire de Nestlé développe depuis 2017, en Côte d’Ivoire, un réseau de plus de 24 000 Mamies, dont 85% d’entre elles ne sont jamais allées à l’école. Ce programme vise à les doter d’outils pour leur autonomisation.
Plusieurs d’entre elles sont âgées de la trentaine, de la quarantaine, voire de la cinquantaine. Pour les motiver et les encourager l’équipe Maggi effectue des suivis pour échanger avec ces Mamies, les écouter et améliorer la prise en charge.
Mme Mame Pane Sakho, directrice de la communication et des Affaires publiques, conduisait ce 26 mars 2025, une équipe au Groupe scolaire public SICOGI Antenne de Niangon Sud, à Yopougon, dans l’Ouest d’Abidjan, « pour échanger avec ces dames, les motiver et les encourager ».

Apprentissage par les TIC
Paul-Marie Adjitin, consultant en alphabétisation à l’Unesco, explique que ce « programme d’alphabétisation des commerçantes par les TIC, leur permet d’apprendre à lire et à écrire à travers une application qui est déployée dans des téléphones androïdes ».
A partir de ces smartphones, « elles apprennent même à calculer et à faire les évaluations », a-t-il renseigné. Et d’ajouter : pour maintenir les Mamies, « on les encourage et on les félicite quand elles trouvent des réponses », car avec l’âge qu’elles ont, « ce n’est pas facile de venir apprendre ».
Après les cours, en salle, dispensés chaque mercredi, les encadreurs se rendent dans les marchés « pour faire une révision avec les femmes notamment les cours effectués les mercredis », confie Delphine Draman, formatrice en alphabétisation au niveau de base.
Ce projet d’alphabétisation par les TIC (ALPHA-TIC) est dans sa 8e saison et « on travaille avec les téléphones. Mais, au-delà de cela, pendant deux jours, on passe dans les marchés pour voir si elles ont retenu les cours et les suivre étant au marché », a-t-elle poursuivi.
« Si vous ne savez pas lire, c’est comme si vous étiez dans le néant. Le savoir est dans l’enseignement », lance Blandine Kanga, venue avec la délégation de l’entreprise agro-alimentaire. Pour elle, « c’est un savoir partagé », car leur entourage et la société en bénéficient.

Une volonté affichée d’apprendre
Juliette Yobouet, la quarantaine, raconte que son père avait 22 enfants, mais seulement deux ont été envoyés à l’école. Privée de cette grâce, elle tente de s’instruire avec l’aide de proches, mais personne pour l’aider à la maison.
Toutefois, Juliette Yobouet ne démord pas. Elle est décidée à apprendre et évolue dans cette cohorte qui bénéficie du Programme d’alphabétisation par les TIC, au point qu’aujourd’hui, cette Mamie sait lire et écrire.
Mme Soumahoro Koko (42 ans) qui suit les cours depuis deux ans, se trouve aujourd’hui en classe de CE1. Sa persévérance l’a amené à savoir lire et écrire, ce qui lui permet de marquer ses créanciers et les marchandises livrées.
« Quand je donne les bagages aux femmes, j’écris leurs noms. Avant j’appelais mes enfants pour le faire, mais maintenant, dès que je donne la marchandise, j’écris les noms et j’encaisse sans problème », dit-elle, souhaitant que ces cours se poursuivent.
Désignée cheffe de classe du CM2, Mme Eulalie Gnebehi (48 ans), abordera cette année l’examen du CEPE. Elle motive même ses clientes, non encore alphabétisées, à venir se former ; partageant son expérience.
« Je savais lire et écrire un peu, mais aujourd’hui, je sais calculer et je m’exprime mieux. Quand je vais verser mon argent à la banque, c’est moi-même qui remplit mon fichier, quelqu’un ne le fait plus pour moi », témoigne-t-elle.
AP/Sf/APA






