Réuni autour des questions d’employabilité, d’éducation et de culture, l’Exécutif algérien affiche des ambitions réformatrices, mais laisse subsister de nombreuses zones d’ombre sur leur mise en œuvre concrète.
Le gouvernement algérien a tenu sa réunion hebdomadaire sous la présidence du Premier ministre Sifi Ghrieb, consacrant une large partie de ses travaux à l’employabilité, à l’éducation nationale et à la culture. Selon le communiqué du Premier ministère, la rencontre a été marquée par une communication sur le Référentiel national de formation et de compétences, présenté comme l’une des réformes structurelles majeures du secteur de la formation professionnelle. L’objectif affiché est de renforcer l’employabilité dans un contexte de chômage persistant, notamment chez les jeunes diplômés.
L’Exécutif met en avant une « transition qualitative » censée rompre avec une logique de formation fondée sur les programmes au profit d’une approche centrée sur les compétences professionnelles.
Si l’orientation peut paraître pertinente sur le plan conceptuel, le communiqué reste avare en détails opérationnels. Aucun calendrier, aucun indicateur de suivi ni mécanisme d’évaluation n’ont été précisés, laissant planer un doute sur la capacité réelle de ce référentiel à répondre aux besoins du marché du travail, régulièrement décrits comme mal identifiés et insuffisamment anticipés.
Le gouvernement affirme que ce cadre de référence permettra une « lecture unifiée et claire » des besoins nationaux en compétences et une meilleure coordination entre politiques de formation, d’emploi et d’investissement. Toutefois, cette promesse de cohérence intersectorielle contraste avec les critiques récurrentes sur la fragmentation de l’action publique et le décalage persistant entre les parcours de formation et les professions effectivement reconnues et absorbées par l’économie nationale.
Sur le volet de l’éducation nationale, l’Exécutif a examiné un projet de décret visant à améliorer la scolarité des élèves aux besoins spécifiques dans les établissements publics. Le texte prévoit l’ouverture de classes spéciales dans le milieu scolaire ordinaire et des aménagements lors des examens et concours. Là encore, l’intention affichée d’égalité des chances et de non-discrimination se heurte à des interrogations sur les moyens humains, pédagogiques et logistiques nécessaires à une intégration effective, dans un système éducatif déjà sous tension.
La culture s’est invitée dans les travaux gouvernementaux à travers un projet de création d’un Orchestre philharmonique d’Algérie, présenté comme un levier pour renforcer la présence du pays sur la scène culturelle internationale.
Si l’initiative vise la valorisation du patrimoine musical national et le développement des talents, elle soulève des questions de priorisation des politiques publiques, dans un contexte où les secteurs de l’éducation, de la formation et de l’emploi peinent à produire des résultats tangibles.
Au final, la réunion du gouvernement illustre une constante de l’action publique en Algérie : une rhétorique réformatrice ambitieuse, mais des annonces souvent générales, dont la traduction concrète sur le terrain reste incertaine et largement attendue.
MK/Sf/APA





