Le navire Plastique Odyssée effectue sa deuxième escale à Dakar en trois ans, consolidant un partenariat stratégique avec l’État sénégalais pour développer une filière de recyclage créatrice d’emplois.
Avec un investissement modeste de 60 millions de francs CFA par unité et la création de 30 000 emplois potentiels, la nouvelle initiative Sénégal/Plastique Odyssée conjugue lutte environnementale et développement économique.
Trois ans après sa première escale, le navire Plastique Odyssée est de retour à Dakar dans le cadre d’un tour du monde qui compte désormais 37 escales. Cette visite marque l’approfondissement d’une collaboration fructueuse entre l’entreprise Plastique Odyssée et les autorités sénégalaises, matérialisée par l’implantation d’une filiale locale.
« Nous avons développé au Sénégal une entreprise qui recycle du plastique, et qui développe un réseau de petites unités containerisées qu’on déploie en partenariat avec des entrepreneurs sénégalais dans les régions pour les accompagner dans la mise en œuvre d’entreprises durables de recyclage du plastique », a expliqué Benoît Blanchet, dirigeant de Plastique Odyssée Factories au Sénégal.
Ce modèle d’unités de recyclage décentralisées présente un potentiel économique et social considérable. Selon le Dr Abdouhmane Diouf, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, chaque unité nécessite un investissement de 60 millions de francs CFA et peut générer jusqu’à 30 000 emplois.
« Imaginez dans chaque capitale régionale ou dans chaque capitale départementale qu’on ait cette unité de recyclage avec un budget d’investissement qui est relativement bas et avec autant d’emplois créés. On aura réglé à la fois le problème de l’emploi des jeunes et le problème de la pollution plastique », a souligné le ministre.
Une triple mission : terrain, formation et sensibilisation
À chaque escale, le navire Plastique Odyssée déploie une stratégie d’action en trois volets. D’abord, l’équipe découvre sur le terrain les initiatives locales qui fonctionnent, qu’il s’agisse de technologies, de modes d’organisation, de formalisation du secteur informel ou de substitution du plastique par d’autres matériaux.
Ensuite, le bateau devient une plateforme de formation pour les entrepreneurs locaux. « On accueille à bord des entrepreneurs pour leur partager ce qu’on a vu ailleurs, pour leur partager les business models, les technologies de recyclage de plastique », a précisé Benoît Blanchet.
Cette dimension de partage d’expériences internationales constitue, selon le ministre Diouf, « une partie particulièrement importante » de l’initiative.
Enfin, la sensibilisation du grand public constitue le troisième pilier. « On fait venir à bord des officiels, des entreprises, beaucoup d’enfants pour les sensibiliser aux enjeux de la pollution plastique et surtout à toutes les solutions qui existent », a indiqué Benoît Blanchet.
Le ministre Diouf a salué cette dimension éducative, qui constitue « une partie extrêmement importante des missions de notre ministère, (de) faire en sorte que tous les Sénégalais, citoyens sénégalais, adultes comme enfants, aient cette sensibilité écologique. »
Un défi croissant dans un pays en développement
Au Sénégal, la pollution plastique suit une courbe ascendante alimentée par deux facteurs combinés que sont la démographie et le niveau de vie.
Cette croissance exponentielle rend d’autant plus urgent le développement d’infrastructures de traitement des déchets et de solutions de substitution.
Le partenariat entre Plastique Odyssée et l’État sénégalais illustre une convergence d’intérêts entre le secteur privé et les pouvoirs publics. Cette collaboration s’étend également au tissu industriel et à la société civile locale.
« Nous allons mobiliser tous nos moyens pour à la fois réduire le péril plastique, créer des emplois, profiter du partage d’expériences et travailler encore à l’éducation à la citoyenneté environnementale », a promis le Abdourahmane Diouf.
Au-delà de l’aspect environnemental, c’est une véritable stratégie de développement local qui se dessine, articulant création d’emplois, formation professionnelle, transfert de technologies et éducation environnementale. Un modèle qui pourrait inspirer d’autres pays confrontés aux mêmes défis de pollution plastique et de développement économique.
ARD/Sf/APA






