L’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) progresse à un rythme « exponentiel », dépassant la capacité de la riposte sanitaire, a alerté vendredi le Coordinateur principal d’Ebola pour les Nations Unies, Julien Harneis.
S’exprimant depuis Bunia, dans la province de l’Ituri, le Coordinateur principal d’Ebola pour les Nations Unies, Julien Harneis, a indiqué que la propagation de la souche Bundibugyo s’intensifie et s’étend plus rapidement que les efforts déployés pour la contenir.
Au 19 août 2026, l’épidémie comptait 5 290 cas confirmés, dont plus de 2 516 décès et 1 152 guéris, pour un taux de létalité de 47,6 %. La flambée s’est étendue à 56 zones de santé dans six provinces.
Selon M. Harneis, la moitié des décès enregistrés est survenue au cours des 20 derniers jours, témoignant de l’accélération de la transmission du virus.
L’épidémie couvre désormais un territoire « supérieur à celui de la France », a-t-il relevé, faisant de cette flambée la deuxième plus importante jamais documentée pour Ebola.
Face à cette situation, les Nations unies appellent à une mobilisation urgente de la communauté internationale. Les financements actuellement disponibles pour les opérations essentielles ne devraient permettre de maintenir les activités que durant les prochaines semaines.
Les réductions budgétaires ont par ailleurs diminué de 30 % ou plus les capacités des organisations humanitaires, alors que la riposte est confrontée à des attaques contre les personnels de santé, des ambulances incendiées ou caillassées et d’importantes difficultés logistiques.
L’Ituri compte notamment près d’un million de personnes déplacées, dans un contexte marqué par trois décennies de conflit et la fragilité du système de santé.
« Cette réponse nécessite bien plus que des lits supplémentaires », a insisté Julien Harneis, plaidant pour un renforcement du dépistage, de l’isolement sécurisé des malades et de leurs contacts, ainsi que du soutien aux professionnels de santé.
Vaccination et absence de vaccin homologué contre Bundibugyo
Les autorités sanitaires congolaises ont commencé une vaccination compassionnelle avec le vaccin Ervebo, avec 2 000 doses déployées dans les zones prioritaires de la province de la Tshopo.
Cette campagne intervient toutefois alors qu’aucun vaccin ou traitement spécifique n’est actuellement homologué contre la souche Bundibugyo à l’origine de l’épidémie.
Des essais cliniques sont en cours pour évaluer l’efficacité d’Ervebo, homologué contre la souche Zaïre. Au total, 70.000 doses ont été acheminées en RDC à cette fin.
L’Alliance mondiale pour les vaccins (Gavi) doit consacrer 7 millions de dollars au financement de ces doses, tandis qu’une enveloppe supplémentaire de 6 millions de dollars a été approuvée pour soutenir les opérations de vaccination dans les zones à haut risque.
Le fleuve Congo placé au cœur de la riposte
La riposte s’étend également le long du fleuve Congo, après le signalement de dix cas à Kisangani. L’initiative « Fleuve Congo Sans Ebola », lancée jeudi, vise à empêcher la propagation du virus le long de cet axe stratégique reliant plusieurs millions de personnes et constituant une importante voie commerciale.
Financée à hauteur de 9 millions de dollars par l’ONU, l’initiative prévoit notamment de renforcer la surveillance sanitaire dans les ports et aux points d’entrée, d’améliorer l’alerte précoce et la riposte rapide et de déployer des réseaux communautaires de surveillance dans les localités riveraines.
Des capacités d’isolement et de prise en charge doivent également être renforcées dans plusieurs hubs stratégiques, notamment à Kisangani, Mbandaka, Kwamouth et Kinshasa.
L’objectif est de prévenir une propagation vers les grandes agglomérations riveraines et de limiter le risque d’extension de l’épidémie aux pays voisins, notamment la République du Congo et la République centrafricaine.
ARD/Sf/APA







