Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a été reconduit lundi à la tête du gouvernement fédéral par la nouvelle Chambre des représentants, au terme de l’ouverture de la nouvelle législature issue des élections générales du 1er juin, alors que le pays fait face à une nouvelle escalade des violences dans le nord et à de fortes tensions diplomatiques avec ses voisins.
Le Parti de la prospérité (PP), dirigé par Abiy Ahmed, a remporté une large majorité lors des élections de juin. Plus de 54 millions de citoyens étaient inscrits pour ce scrutin, organisé avec la participation de 42 partis politiques et de candidats indépendants, selon les données communiquées par les autorités électorales éthiopiennes.
Dans un message publié, Abiy Ahmed a remercié les citoyens ayant participé au processus électoral et appelé à poursuivre les efforts en faveur de la stabilité et du développement du pays. « Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à nos 54 millions de citoyens qui ont fait confiance aux élections légitimes et qui ont mis leurs votes en pratique pour établir un gouvernement acceptable », a déclaré le Premier ministre.
Cette reconduction intervient toutefois dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu. Depuis le 23 septembre, de nouveaux affrontements opposent les forces fédérales éthiopiennes aux combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), quatre ans après la fin de la guerre du Tigré.
Les forces fédérales et leurs alliés ont repris le contrôle de Mekele, capitale du Tigré, après le retrait annoncé des forces tigréennes. Le TPLF a expliqué cette décision par la volonté d’éviter davantage de risques pour les populations civiles.
Dans un communiqué publié le 1er octobre, Médecins Sans Frontières (MSF) a fait état d’une augmentation du nombre de blessés de guerre pris en charge dans plusieurs établissements de santé du nord de l’Éthiopie, dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes dans la région.
L’UA appelle au dialogue
Face à cette nouvelle escalade, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, avait appelé le 23 septembre à « la plus grande retenue » et à la reprise « sans délai » des discussions directes dans le cadre de l’accord de Pretoria, signé le 2 novembre 2022.
. Le président de la Commission de l’UA avait alors demandé à son haut représentant pour la Corne de l’Afrique, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, d’engager les parties et de soutenir les efforts diplomatiques.
L’UA a également réaffirmé sa disponibilité à accompagner les efforts de « désescalade, de dialogue et de règlement pacifique » des différends. Une démarche qui s’inscrit dans la recherche d’une solution politique au conflit et dans la préservation des acquis de l’accord de Pretoria.
La situation s’est parallèlement tendue sur le plan régional. Le 1er octobre, Addis-Abeba a annoncé la fermeture de son ambassade à Asmara et l’expulsion de dix diplomates érythréens, déclarés personae non gratae. L’Érythrée a ensuite annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie.
Les relations avec l’Égypte se sont également dégradées. Addis-Abeba a expulsé un diplomate égyptien, mesure à laquelle Le Caire a répondu par l’expulsion d’un conseiller de l’ambassade d’Éthiopie. Les tensions s’inscrivent notamment dans le contexte du différend autour du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), construit sur le Nil Bleu.
Le 1er octobre, la Commission de l’UA avait appelé l’Éthiopie, l’Érythrée et l’Égypte à « faire preuve de la plus grande retenue » et à préserver les canaux de communication. Elle les avait également exhortés à privilégier « les voies diplomatiques et le dialogue pacifique ».
SS/te/APA





