À l’approche de l’Assemblée générale élective de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), prévue le 12 septembre 2026 à Yamoussoukro, l’atmosphère est loin d’être sereine.
Alors que le président sortant, Idriss Diallo, se présente comme l’unique candidat à sa propre succession, les coulisses du football ivoirien sont secouées par une double crise financière et structurelle qui menace de paralyser le scrutin ou d’hypothéquer l’avenir de la discipline dans le pays.
D’un côté, la tension monte autour des exigences financières des clubs professionnels. Une initiative, portée par Ouattara Issa, réclame une revalorisation des subventions. Pour les clubs de Ligue 1, l’objectif affiché est de faire passer l’enveloppe annuelle de 100 millions à 300 millions de FCFA.
Si une coalition initiale de 45 clubs avait été annoncée pour faire pression, le front semble aujourd’hui se fissurer. Plusieurs défections de dernière minute sont signalées, laissant planer la possibilité que l’initiateur du mouvement ne se retrouve finalement isolé dans son combat.
Le cri de colère du football amateur : La FIFA saisie
De l’autre côté, le danger le plus sérieux vient de la base pyramidale. Laurent Kouakou, président du Collectif des clubs ivoiriens de football amateur (CIFA), a publié un mémorandum, dénonçant une rupture totale de communication avec la FIF et une marginalisation institutionnelle.
Après avoir interpellé sans succès le ministère ivoirien des Sports, les instances de gouvernance et la FIF elle-même, Laurent Kouakou a franchi un cap décisif en saisissant directement la FIFA. Le collectif fustige l’opacité administrative et l’absence d’accès aux informations financières de la FIF.
Le nœud du problème réside dans le droit de vote. En son temps, la Commission de normalisation conduite par Dao Gabala et commise par la FIFA avait explicitement recommandé d’intégrer les clubs amateurs dans les processus électoraux. Une résolution restée lettre morte.
Le 12 septembre prochain, l’élection du président de la faîtière se tiendra à Yamoussoukro sans que la base amateur ne puisse exprimer sa voix. Les clubs amateurs qui dénoncent leur exclusion des processus décisionnels et des Assemblées générales, réclament une réforme des statuts pour obtenir une représentation directe.
Pas de football professionnel sans football amateur
La Côte d’Ivoire compte 581 clubs affiliés à la FIF, répartis entre 401 clubs de Districts, 144 clubs de division régionale et 36 clubs de football féminin. Chacun de ces clubs s’acquitte d’un droit d’affiliation de 100 000 FCFA, auquel s’ajoutent 10 000 FCFA par licence de joueur, toutes catégories confondues.
Il n’y a pas de football professionnel s’il n’y a pas de football amateur, rappelle avec insistance Laurent Kouakou. Le CIFA veut une reconnaissance institutionnelle et financière avec un fonds de développement du football amateur et de base.
Face à cette saisine internationale, le ministère des Sports se retrouve dans une position délicate, les textes de la FIFA interdisant toute ingérence politique. Si aucun consensus n’est trouvé lors des négociations de dernière minute, le football ivoirien s’expose soit à un report pur et simple de l’élection, soit à une crise de légitimité majeure pour le futur comité exécutif.
AP/APA







