Le couvre-feu instauré dans la région malienne de Koulikoro a été prolongé jusqu’au 21 septembre, maintenant pour un cinquième mois consécutif des restrictions nocturnes dans plusieurs localités entourant Bamako. Le dispositif couvre notamment la ville-garnison de Kati et plusieurs communes intégrées à l’agglomération de la capitale.
Le gouverneur de la région de Koulikoro, le colonel Lamine Kapory Sanogo, a prorogé d’un mois le couvre-feu en vigueur sur son territoire, selon une décision signée vendredi.
La nouvelle période s’étend du 23 août au 21 septembre, avec trois horaires adaptés aux différentes zones. Les localités de Kalaban-Coro, Mandé, Sangarébougou, Moribabougou, N’Gabacoro, Dialakorodji et Dogodouman, ainsi que la ville de Koulikoro, sont soumises à la restriction de minuit à 5 h 30.
À Kati, Banamba, Kangaba et Kolokani, les déplacements sont restreints de 23 heures à 6 heures. Le couvre-feu commence dès 21 heures dans les autres localités de la région et prend fin à 6 heures.
La décision maintient également l’interdiction temporaire de circulation des camions-bennes, introduite le 15 mai. Les autorités administratives, les collectivités territoriales et les forces de défense et de sécurité sont chargées de l’application du dispositif.
Sécurité
Le couvre-feu avait été instauré le 25 avril, à la suite d’attaques coordonnées menées contre plusieurs villes et positions militaires maliennes. Bamako et Kati, qui abrite l’un des principaux camps militaires du pays, avaient figuré parmi les secteurs visés.
Ces attaques avaient causé la mort du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, ainsi que celle de militaires et de civils. Le gouvernement avait annoncé 16 blessés, tandis que l’armée affirmait avoir tué plusieurs centaines d’assaillants au cours de sa riposte.
Le dispositif initial, appliqué de 21 heures à 6 heures sur l’ensemble de la région, avait été assoupli début mai dans plusieurs communes périurbaines de Bamako. Quatre reconductions mensuelles ont suivi, avec le maintien d’horaires plus longs dans les zones rurales.
La région de Koulikoro a encore été touchée le 4 juillet lorsqu’un groupe armé a attaqué la prison de Kéniéroba, située à environ 70 kilomètres au sud de Bamako. Cette action faisait partie d’une série d’assauts simultanés ayant également visé Gao, Anéfis, Aguelhok et Sévaré. Les forces de sécurité avaient repris le contrôle du site pénitentiaire, selon les autorités.
Kati et Kolokani occupent par ailleurs une position importante sur le corridor routier reliant l’ouest du Mali à la capitale. Du 23 au 29 juin, l’armée avait escorté 940 camions civils sur cet itinéraire et annoncé avoir déjoué plusieurs tentatives d’embuscade ainsi que des menaces liées à des engins explosifs.
La prolongation du couvre-feu conserve ainsi un dispositif différencié entre les communes proches de Bamako, les principales villes régionales et les zones rurales. Sa durée, désormais portée à près de cinq mois, témoigne de la priorité accordée à la sécurisation des accès terrestres de la capitale.
MD/Sf/APA







