Le projet de loi imposant une valorisation locale d’au moins 30 % des matières premières nigérianes avant leur exportation pourrait permettre de créer plus de 1,2 million d’emplois qualifiés au cours des cinq prochaines années, selon le directeur général du Conseil nigérian de recherche et de développement des matières premières (RMRDC), le professeur Nnanyelugo Ike-Muonso.
S’exprimant lors d’une conférence de presse organisée en prélude au deuxième Sommet africain sur les matières premières (ARMS 2026), prévu à Abuja, le professeur Nnanyelugo Ike-Muonso, directeur général du RMRDC, a souligné l’importance de la valorisation des matières premières avant exportation, pouvant générer jusqu’à 1,2 millions d’emplois qualifiés en cinq ans. Celle devrait également, celui lui, contribuer à réduire la dépendance du Nigéria aux importations, à préserver ses réserves de change et à renforcer les capacités de l’industrie manufacturière nationale.
Le projet de loi sur l’obligation d’une valorisation nationale de 30 % des matières premières (Raw Materials 30% Mandatory Value Addition Bill) prévoit d’instaurer un seuil légal minimal de 30 % de transformation sur le territoire nigérian avant toute exportation de matières premières.
Le directeur général du RMRDC a précisé que le texte attend désormais l’assentiment du président de la République. Il a expliqué que la création d’emplois constitue l’une des principales retombées attendues de cette législation, qui vise à faire évoluer le modèle économique nigérian, en passant de l’exportation de produits bruts à faible valeur ajoutée à une production industrielle davantage transformée.
Selon M. Ike-Muonso, le Nigéria doit notamment accélérer la transformation locale de ses ressources naturelles non renouvelables, dont la valeur documentée dépasse 582,4 milliards de dollars. Une telle stratégie permettrait, à ses yeux, de stimuler le secteur manufacturier et de créer de nouvelles opportunités économiques.
Le responsable nigérian a par ailleurs appelé les pays africains à rompre avec le modèle traditionnel « de la mine au port », qui consiste à extraire les ressources du continent pour les exporter avant d’importer, à des prix plus élevés, les produits finis issus de ces mêmes matières premières.
« Ce qui est extrait du sol africain doit être de plus en plus transformé sur le sol africain », a-t-il déclaré.
Le professeur Ike-Muonso a également annoncé que l’ARMS 2026 devrait réunir plus de 1 800 délégués issus des 54 pays africains, ainsi que des investisseurs, des industriels, des entreprises technologiques et plusieurs autres acteurs du secteur des matières premières.
Les échanges porteront notamment sur la logistique et les infrastructures, les politiques publiques et la valorisation des matières premières, l’économie circulaire et l’industrialisation des déchets, ainsi que le développement de chaînes de valeur régionales dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
La commercialisation des technologies et la mobilisation des capitaux figureront également parmi les principaux sujets abordés lors du sommet.
« Le Nigéria dispose à lui seul de plus de 582,4 milliards de dollars de ressources naturelles non renouvelables documentées, tandis que les autres pays africains possèdent également d’importants gisements de minerais critiques, de produits agricoles et de matières premières destinées à l’industrie », a rappelé le directeur général du RMRDC.
Prévu les 19 et 20 octobre 2026, le sommet aura pour thème : « Des matières premières africaines aux usines africaines ».
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