L’État algérien a engagé l’indemnisation des victimes des incendies de forêt de juillet, mais l’ampleur des dommages, l’évaluation au cas par cas et les délais imposés aux administrations placent désormais le dispositif face au test de son exécution effective.
Les premières décisions d’aide de l’État aux victimes des incendies de forêt de juillet en Algérie sont désormais mises à la disposition des citoyens touchés par les incendies qui ont frappé plusieurs régions d’Algérie en juillet. Les sinistrés peuvent les retirer auprès de leurs communes, selon le ministère de l’Intérieur, après une opération nationale de recensement destinée à déterminer les dommages éligibles et les montants des compensations.
Décidée par le président Abdelmadjid Tebboune, l’indemnisation doit couvrir un éventail particulièrement large de pertes : récoltes agricoles, arbres fruitiers, ruches, cheptel, habitations, mobilier, équipements et appareils électroménagers. Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a assuré que l’ensemble de ces préjudices serait pris en compte et que l’opération devrait être achevée avant la rentrée sociale, avec une échéance fixée au plus tard à la fin août.
La rapidité affichée par les autorités constitue toutefois l’un des principaux défis du dispositif. Une commission nationale, appuyée par des structures locales, a dû recenser en quelques semaines les victimes et déterminer l’étendue de dommages parfois très différents d’un ménage ou d’une exploitation à l’autre. Selon le ministère de l’Intérieur, les listes ont été établies « en un temps record » puis transmises aux secteurs concernés et aux walis. Cette célérité administrative devra néanmoins se traduire par des indemnisations correspondant effectivement aux pertes constatées, au risque de susciter des contestations sur les évaluations retenues.
Le dispositif est d’autant plus complexe que l’aide n’est pas forfaitaire. Chaque dossier doit être calculé en fonction de la nature et de l’importance des biens détruits. Les financements proviennent de dotations budgétaires sectorielles d’urgence centralisées par le ministère de l’Intérieur ainsi que du Fonds national des calamités naturelles et des risques majeurs. Le ministère de l’Habitat a, de son côté, annoncé une enveloppe globale de 85 millions de dinars, soit environ 560 000 euros, en faveur des ménages touchés.
L’étendue géographique des incendies complique également l’opération. Une réunion de coordination a associé les walis de seize wilayas, parmi lesquelles Jijel, Skikda, Béjaïa, Tizi Ouzou, El-Tarf, Annaba, Bouira, Tlemcen et Guelma. Saïd Sayoud a demandé aux administrations d’accélérer l’examen des dossiers tout en respectant des critères de « transparence, de probité, de pragmatisme et d’équité ».
Au-delà de l’annonce politique et du déblocage des fonds, l’efficacité du dispositif sera donc mesurée à la rapidité des versements, à la qualité des évaluations et à la capacité des aides à permettre une véritable reconstruction économique des exploitations et des ménages. L’indemnisation répond à l’urgence sociale, mais elle intervient après des incendies qui rappellent aussi la vulnérabilité persistante de plusieurs territoires aux feux de forêt et la nécessité d’investir davantage dans la prévention, plutôt que de concentrer l’action publique sur la seule réparation des dégâts.
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