La tenue de la Haute commission mixte entre Tunis et Le Caire apparaît comme un moment décisif pour traduire en actes les ambitions proclamées des deux capitales.
La Tunisie et l’Égypte veulent franchir un nouveau cap dans leur coopération économique et sécuritaire. À l’occasion de la 18ᵉ session de la Haute commission mixte, prévue au Caire du 8 au 11 septembre, les deux gouvernements entendent intensifier leurs échanges et poser les bases d’un partenariat renforcé, selon l’ambassadeur d’Égypte à Tunis, Bassem Hassan.
Coprésidée par la cheffe du gouvernement tunisien, Sarra Zaafrani Zanzari, et le Premier ministre égyptien, Moustafa Madbouli, la réunion rassemblera plusieurs ministres et hauts responsables des deux pays. Elle devrait aboutir à la signature d’accords couvrant un large spectre, du commerce au développement social, en passant par la jeunesse, la culture, le sport, la formation diplomatique et la coopération scientifique.
L’objectif affiché est de doubler rapidement le volume des échanges commerciaux, actuellement estimé à environ 470 millions d’euros par an, pour atteindre près d’un milliard d’euros. « La conjoncture régionale impose davantage de solidarité et de complémentarité pour relever les défis politiques et économiques », a insisté le diplomate, rappelant que des mesures pratiques avaient été adoptées en avril dernier pour fluidifier les flux commerciaux.
Parmi les projets phares figure la création d’une ligne maritime directe entre Tunis et Le Caire, destinée à stimuler les échanges économiques mais aussi touristiques et culturels. Selon l’ambassadeur, cette infrastructure logistique pourrait devenir un levier stratégique pour l’intégration régionale.
Le secteur privé est également mobilisé : un Forum tuniso-égyptien des affaires et de l’investissement se tient en marge de la commission mixte. Il réunit fédérations industrielles, entreprises et investisseurs afin de favoriser la conclusion de partenariats durables. De grandes sociétés égyptiennes s’intéressent au marché tunisien, notamment dans les infrastructures, tandis que plusieurs entreprises tunisiennes se sont implantées avec succès en Égypte. Les deux pays comptent aussi sur leur appartenance à des zones de libre-échange – COMESA, accord d’Agadir et ZALEA – pour accroître leurs flux commerciaux.
Au-delà de l’économie, la sécurité reste une priorité. Les deux États maintiennent une coordination bilatérale « très efficace » à travers des commissions sécuritaires et militaires régulières. Face aux menaces communes – terrorisme et déstabilisation régionale – les présidents Abdel Fattah Al-Sissi et Kaïs Saïed affichent une volonté de renforcer leur coopération. « La sécurité est la pierre angulaire : sans sécurité, il n’y a ni développement ni stabilité », a martelé l’ambassadeur égyptien.
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