Le président tunisien Kaïs Saïed a mis en garde mardi contre ce qu’il a qualifié de « nouveau Sykes-Picot » au Moyen-Orient, lors d’une rencontre au Palais de Carthage avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane ben Abdallah Al Saoud. Sykes-Picot fait référence à l’accord secret de 1916 entre la France et le Royaume-Uni, qui avait redessiné arbitrairement les frontières du Moyen-Orient après la Première Guerre mondiale, divisant le monde arabe sans tenir compte des réalités locales.
Dans un communiqué publié par la présidence tunisienne, l’entretien avec le Prince saoudien a été présenté comme une occasion de réaffirmer la profondeur des liens historiques entre Tunis et Riyad, tout en discutant des moyens de renforcer la coopération bilatérale dans divers domaines. Les deux parties ont exprimé leur volonté d’accélérer la mise en œuvre de projets conjoints en levant les obstacles existants.
Au-delà du cadre bilatéral, Kaïs Saïed a élargi son propos à la situation régionale, qu’il a jugée particulièrement critique pour la nation arabe et musulmane. Il a estimé que, après la division imposée au monde arabe au XXe siècle, le « mouvement sioniste » chercherait désormais à anéantir l’existence même des États arabes.
Le président a réaffirmé le soutien « constant et total » de la Tunisie à la cause palestinienne, plaidant pour un État indépendant avec Al-Qods al-Charif pour capitale. Il a dénoncé les « crimes d’extermination » commis, selon lui, par Israël, accusé de cibler femmes, enfants et personnes âgées, d’affamer la population et de recourir au déplacement forcé.
Saïed a insisté sur le fait que « la terre de Palestine n’est ni un domaine ni un verger », affirmant que la volonté de libération des peuples finira par triompher, « quels que soient les sacrifices ».
Le chef de l’État tunisien a également affirmé que les mobilisations populaires dans le monde contre les violences en Palestine marquent la naissance d’une nouvelle légitimité internationale, appelée à supplanter, selon lui, un système devenu « obsolète et fragilisé ».
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