Le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) veulent accélérer la mise en œuvre du nouvel accord de financement, deux semaines après la conclusion d’un accord au niveau des services portant sur un programme de 36 mois destiné à soutenir les réformes économiques et financières du pays.
Le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye s’est entretenu mardi à Washington avec la Directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, au siège de l’institution, en présence notamment du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, et de la délégation sénégalaise.
Cette rencontre intervient après l’accord conclu le 1er septembre entre les services du FMI et les autorités sénégalaises sur les principales politiques devant sous-tendre un nouvel accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Le programme envisagé porte sur environ 2,2 milliards de dollars sur 36 mois, pour la période 2026-2029, sous réserve de son approbation par la direction et le Conseil d’administration du Fonds.
Les deux parties ont salué les avancées enregistrées dans les discussions et affiché leur volonté de progresser rapidement vers l’examen du programme par le Conseil d’administration du FMI.
Pour Dakar, ce nouveau cadre doit contribuer au rétablissement de la stabilité macroéconomique et de la viabilité de la dette, tout en réduisant les vulnérabilités budgétaires et en soutenant une croissance davantage portée par le secteur privé. Le FMI indique également que le programme doit permettre d’accroître les dépenses sociales et de renforcer la protection des ménages vulnérables.
Les réformes prévues portent notamment sur la mobilisation des recettes intérieures, la rationalisation des dépenses publiques, l’amélioration de la transparence budgétaire et le renforcement de la gestion de la dette. Les autorités sénégalaises prévoient également de renforcer la gouvernance budgétaire, le suivi des arriérés intérieurs et la supervision des entreprises publiques.
La protection sociale figure également parmi les priorités affichées. Le programme prévoit notamment de consolider les filets sociaux et les transferts monétaires ciblés, parallèlement aux réformes destinées à améliorer la situation des finances publiques.
Le FMI souligne par ailleurs que le nouvel accord devrait contribuer à mobiliser des financements supplémentaires auprès de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et d’autres partenaires au développement. Son entrée en vigueur reste toutefois conditionnée à plusieurs étapes, notamment la mise en œuvre de mesures correctives liées au dossier de communication d’informations erronées et l’obtention des assurances de financement nécessaires auprès des partenaires du Sénégal.
Cette nouvelle séquence intervient dans un contexte où l’économie sénégalaise demeure soutenue par la production d’hydrocarbures. Selon le FMI, le PIB a progressé de 6,7 % en 2025, tandis que la croissance hors hydrocarbures a atteint 4,7 % en glissement annuel au premier trimestre 2026.
Après ses rencontres à Washington avec des responsables américains, la Banque mondiale et le FMI, le chef de l’État sénégalais s’est rendu aux Émirats arabes unis, où il devait poursuivre ses échanges avec les autorités d’Abou Dhabi.
TE/APA





