Le ministre sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Cheikh Niang, a reçu vendredi en audience le procureur adjoint de la Cour pénale internationale (CPI), Mame Mandiaye Niang, pour échanger sur la situation de la juridiction internationale et les défis de la justice pénale internationale, dans un contexte marqué par les sanctions américaines visant des responsables de la CPI.
Selon le ministère sénégalais des Affaires étrangères, l’entretien entre le ministre Cheikh Niang et le procureur adjoint de la Cour pénale internationale (CPI), reçu en audience vendredi 21 août 2026,?a porté sur « la situation de la CPI et les défis auxquels elle est confrontée, ainsi que les enjeux actuels de la justice pénale internationale ».
Cette audience intervient dans un contexte particulièrement sensible pour la juridiction de La Haye, après les sanctions financières et l’interdiction de visa annoncées par les États-Unis contre Abdoulaye Sèye, substitut du procureur de la CPI, et visant également la présidente de la Cour, Tomoko Akane.
Le gouvernement sénégalais a réaffirmé jeudi son « plein soutien » à Abdoulaye Sèye et condamné les mesures américaines, estimant qu’elles constituent une « atteinte au principe de l’indépendance de la justice » et au libre exercice du mandat des magistrats de la CPI.
Dakar a également réaffirmé son « attachement indéfectible au multilatéralisme et au respect du droit international », tout en appelant au dialogue et au respect mutuel.
Le Sénégal a par ailleurs indiqué vouloir poursuivre ses concertations avec ses partenaires africains et internationaux pour préserver l’indépendance et le fonctionnement de la CPI.
En août 2025, Dakar avait appelé les autorités américaines à retirer les sanctions visant notamment Mame Mandiaye Niang, réaffirmant sa solidarité envers le magistrat et son soutien à la CPI. Le gouvernement sénégalais avait également appelé les États parties au Statut de Rome à faire preuve de solidarité avec la Cour, et à garantir à ses magistrats et à son personnel la possibilité d’exercer leur mission « en toute indépendance ».
Le Premier ministre sénégalais avait, de son côté, salué le « leadership éclairé » du président Bassirou Diomaye Faye et sa position en soutien à la CPI et à Mame Mandiaye Niang, assurant que le gouvernement sénégalais se tiendrait aux côtés de son compatriote face aux mesures américaines.
Les sanctions américaines d’août 2025 concernaient également le juge français Nicolas Yann Guillou, la juge fidjienne Nazhat Shameem Khan et la procureure canadienne Kimberly Prost. Elles étaient intervenues dans le contexte des procédures engagées par la CPI concernant notamment le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant.
AC/Sf/APA







