L’Afrique du Sud a condamné les Etats-Unis pour leurs frappes militaires unilatérales contre le Vénézuela et l’enlèvement du président Nicolas Maduro et de son épouse, qualifiant ces actions de violation du droit international et de menace pour la stabilité mondiale.
S’exprimant lundi lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU), le Représentant permanent adjoint par intérim, Jonathan Passmoor, a déclaré que l’opération américaine portait atteinte à la souveraineté du Vénézuela et aux principes fondateurs de la Charte des Nations Unies.
« Le recours illégal et unilatéral à la force de cette nature compromet la stabilité de l’ordre international et le principe d’égalité entre les nations », a-t-il déclaré devant les quinze membres du CSNU.
Cette condamnation fait suite au raid spectaculaire mené samedi par les forces spéciales américaines à Caracas, au cours duquel M. Maduro et son épouse ont été arrêtés et transférés à New York.
Dimanche, M. Maduro a comparu devant le tribunal fédéral de Manhattan et a plaidé non coupable des accusations de trafic de drogue et de possession d’armes.
Washington a déclaré vouloir superviser le Venezuela jusqu’à une « transition judicieuse », tout en affirmant son contrôle sur les vastes réserves pétrolières du pays. Passmoor a averti que les invasions militaires d’Etats souverains aggravent souvent les crises, citant la Libye, l’Irak et les interventions en Afrique comme exemples.
Et d’ajouter : « Nous en avons vu des exemples en Libye, en Irak et dans d’innombrables cas en Afrique, où les interventions et ingérences étrangères créent des crises sécuritaires et sapent les institutions de gouvernance nationale, pourtant élaborées dans des contextes nationaux nuancés et complexes ».
Il a souligné que les allégations de défaillances de gouvernance ou d’actes criminels commis par des dirigeants ne sauraient justifier la violation de l’article 2(4) de la Charte des Nations Unies, qui interdit le recours à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat.
L’Afrique du Sud a exhorté le Conseil de sécurité des Nations Unies à respecter le droit international et à soutenir le dialogue entre les Vénézuéliens.
Plusieurs pays d’Amérique latine ont également appelé à un règlement pacifique, sans ingérence extérieure.
La réunion du Conseil de sécurité a mis en lumière la crainte que l’action américaine ne crée un précédent permettant à d’autres puissances de justifier des invasions, ce qui soulève des inquiétudes quant à une instabilité accrue de l’ordre mondial.
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