Dans un contexte de redéfinition des alliances internationales au Sahel, la Confédération des États du Sahel (AES) intensifie son partenariat en ouvrant les consultations AES-Russie ces 3 et 4 avril 2025.
À l’invitation du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Burkina Faso et du Niger — membres de la Confédération des États du Sahel (AES) — se réuniront les 3 et 4 avril 2025 à Moscou pour la première session officielle des consultations AES-Russie. Cette rencontre vise à inscrire la coopération entre l’AES et la Russie dans une dynamique institutionnelle, conformément à la feuille de route de l’an I de la Confédération sous présidence malienne.
Depuis 2023, la Russie a consolidé sa présence dans l’espace sahélien via des accords bilatéraux et une assistance directe aux États membres de l’AES. En matière de sécurité, elle a livré des équipements militaires, dont des hélicoptères Mi-8, des drones d’observation et du matériel de communication, en soutien aux efforts de lutte contre les groupes armés. Selon les sources officielles, ces livraisons ont contribué à renforcer les opérations antiterroristes dans les trois pays.
Sur le plan énergétique, Rosatom a signé en 2024 des protocoles d’accord pour le développement de centrales nucléaires au Mali et au Burkina Faso. Par ailleurs, une centrale solaire d’une capacité de 200 MW est en cours de construction à Sanankoroba (Mali), financée en partie par des investissements russes. Ces projets visent à combler le déficit énergétique structurel qui freine le développement industriel de la région.
Dans le domaine de la formation, la Russie a accru le nombre de bourses d’études et accueille désormais plus de 500 étudiants militaires et civils sahéliens dans ses instituts techniques et de défense. Des formateurs russes sont également déployés dans les académies militaires du Sahel.
Les consultations de Moscou doivent aboutir à un cadre permanent de dialogue et de coopération dans les domaines de la défense, de l’énergie, de l’éducation, de la santé et des infrastructures. Elles s’inscrivent dans un repositionnement géostratégique de l’AES, qui affirme sa souveraineté diplomatique en diversifiant ses partenariats internationaux.
MD/ac/Sf/APA







