Le Mali et le Royaume-Uni souhaitent renforcer leurs relations économiques, alors que leurs échanges commerciaux restent modestes. La visite à Bamako de Charlotte Pierre, nouvelle directrice Afrique de la diplomatie britannique, a également porté sur la sécurité au Sahel et le différend entre Bamako et Kyiv.
Charlotte Pierre a choisi le Mali pour sa première visite de terrain depuis sa prise de fonctions comme directrice Afrique du Bureau britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement. Elle s’est entretenue, mardi 8 septembre à Bamako, avec le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop.
Ancienne haute-commissaire du Royaume-Uni à Maurice, de 2021 à 2025, la diplomate a précédemment occupé les fonctions de directrice adjointe chargée de l’Afrique de l’Ouest et de la politique de sécurité à l’échelle du continent, selon sa biographie officielle.
Les discussions ont notamment porté sur les investissements productifs, le commerce et les événements susceptibles de rapprocher les opérateurs économiques des deux pays. Dans cette perspective, Abdoulaye Diop a annoncé la tenue prochaine à Bamako du Forum « Mali-Kura », destiné à favoriser les partenariats et à soutenir la transformation de l’économie malienne. Le calendrier, les secteurs ciblés et les entreprises attendues doivent encore être précisés.
Commerce
Les échanges entre les deux pays se sont élevés à 55 millions de livres sterling au cours des douze mois achevés en mars 2026. Ils sont fortement déséquilibrés : les exportations britanniques vers le Mali ont atteint 54 millions de livres, contre seulement un million de livres d’importations en provenance du Mali.
Bamako occupait ainsi le 174ᵉ rang parmi les partenaires commerciaux de Londres, avec moins de 0,1 % du commerce extérieur britannique. En 2024, les produits et services britanniques représentaient 0,9 % des importations maliennes, selon une fiche publiée en juillet 2026 par le ministère britannique du Commerce.
L’aide au développement occupe une place plus importante dans la relation bilatérale. En mars 2026, le Royaume-Uni indiquait avoir consacré environ 55 millions de dollars au Mali durant l’exercice budgétaire alors en cours. Ces ressources couvraient notamment la santé, l’éducation et l’assistance humanitaire aux populations déplacées par le conflit.
Plusieurs programmes régionaux ont également concerné le pays. Londres a notamment consacré 19 millions de livres, entre 2021 et 2026, à un programme consacré à la justice, à la gestion foncière et à la prévention des conflits au Mali et au Niger. Une enveloppe de 19,5 millions de livres a par ailleurs soutenu les dispositifs de réponse aux sécheresses, aux inondations et aux crises alimentaires dans plusieurs pays du Sahel, selon le gouvernement britannique.
La coopération avait également comporté un volet militaire avec le déploiement, à partir de décembre 2020, d’environ 300 soldats britanniques au sein de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma). Londres avait annoncé leur retrait anticipé en novembre 2022, avant la fin de la mission des Nations unies l’année suivante. L’ambassade britannique à Bamako et les programmes civils ont, eux, été maintenus.
Sur le plan politique, Abdoulaye Diop a exposé à la délégation britannique la position du Mali sur la Confédération des États du Sahel, qui réunit également le Burkina Faso et le Niger, ainsi que sur les menaces liées aux groupes armés opérant dans la région.
Le ministre a demandé au Royaume-Uni, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, d’aider à amener certains acteurs étrangers, « comme l’Ukraine », à jouer des « rôles constructifs et responsables » dans la préservation de la sécurité au Sahel.
Cette demande renvoie au différend né après les combats de Tinzaouatène, près de la frontière algérienne, en juillet 2024. Bamako avait rompu ses relations diplomatiques avec Kyiv après des déclarations d’un responsable du renseignement militaire ukrainien, interprétées par les autorités maliennes comme la reconnaissance d’un soutien aux groupes armés. L’Ukraine avait rejeté toute implication et contesté les accusations maliennes.
La réponse de Charlotte Pierre porte plus largement sur la poursuite d’échanges « francs et directs » et sur la diversification de la coopération entre les deux pays. Le communiqué du ministère malien des Affaires étrangères ne détaille pas sa position concernant la demande formulée au sujet de l’Ukraine.
MD/te/APA





