Les représentants parlementaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine examinent jusqu’au 11 septembre l’application des règles communes relatives aux semences, aux engrais, aux pesticides et aux médicaments vétérinaires. La session illustre également le maintien du Mali et de ses partenaires de l’Alliance des États du Sahel au sein des institutions économiques et monétaires régionales.
Les règles encadrant l’homologation, le contrôle de la qualité, la certification et la commercialisation des intrants agricoles font l’objet de discussions cette semaine à Bamako, dans un contexte marqué par des difficultés d’approvisionnement et une hausse des coûts pour les producteurs ouest-africains.
Ouverte lundi 7 septembre, la 40ᵉ session extraordinaire du Comité interparlementaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (CIP-UEMOA) doit s’achever vendredi 11 septembre. Elle est présidée par l’Ivoirien Fononna Cheick Ahmed Coulibaly, président par intérim de l’institution.
Les travaux portent sur l’application des réglementations régionales relatives aux semences, aux engrais et aux pesticides. L’objectif est de rapprocher les pratiques nationales en matière d’autorisation, de contrôle et de circulation de ces produits dans les huit pays de l’Union.
« Les cadres communautaires mis en place visent à encadrer l’homologation, le contrôle de qualité et la commercialisation des semences, engrais et pesticides », a déclaré Fononna Cheick Ahmed Coulibaly, cité par le quotidien malien L’Essor. Ces règles doivent contribuer, selon lui, à « sécuriser nos productions agricoles et à atteindre la souveraineté alimentaire dans nos États ».
Le responsable du Comité a évoqué la raréfaction de certains intrants, provoquée par les crises économiques et géopolitiques, à laquelle s’ajoutent les effets du changement climatique et le coût des nouvelles technologies agricoles.
Représentant le président du Conseil national de transition du Mali, le premier vice-président de l’institution, Hamèye Founè Mahalmadane, a rappelé la place de l’agriculture et de l’élevage dans l’alimentation, les revenus ruraux et la réduction de la pauvreté. Il a également cité l’accès au financement et aux intrants de qualité parmi les principales difficultés rencontrées par les producteurs.
Les délégations examinent parallèlement l’harmonisation des législations relatives aux médicaments vétérinaires. Ce chantier concerne les conditions d’autorisation, de commercialisation et de contrôle des produits utilisés pour prévenir ou traiter les maladies animales, avec des répercussions sur la santé publique et la sécurité des aliments d’origine animale.
Intégration
Créé par l’article 35 du traité de l’UEMOA, le Comité interparlementaire exerce une fonction de représentation et de contrôle démocratique. Il formule des avis et des recommandations à l’intention des organes décisionnels de l’Union et préfigure la mise en place d’un Parlement communautaire.
L’institution compte 40 membres, soit cinq représentants pour chacun des huit États de l’UEMOA : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Son siège étant établi à Bamako, la tenue de cette session dans la capitale malienne s’inscrit dans son fonctionnement institutionnel habituel.
La rencontre intervient toutefois dans un paysage régional recomposé. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officiellement quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest le 29 janvier 2025 et développent depuis leurs propres institutions au sein de la Confédération des États du Sahel.
Leur appartenance à l’UEMOA s’est poursuivie sans interruption. L’Union demeure, pour les trois pays, le cadre de la monnaie commune, de la surveillance économique, du marché financier régional et de plusieurs politiques sectorielles. La construction politique de l’AES coexiste ainsi avec le maintien de liens économiques et monétaires avec les cinq autres États membres de l’UEMOA.
Les conclusions attendues le 11 septembre permettront de connaître les recommandations du Comité sur l’application des réglementations agricoles et vétérinaires. La stratégie de communication du CIP-UEMOA figure également au programme de la session.
MD/te/APA





