Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a averti que le droit international et la Charte des Nations Unies sont « délibérément violés », estimant que le monde assiste à une recrudescence des guerres d’agression illégales, des génocides et à une érosion des systèmes de gouvernance mondiale.
S’exprimant à Barcelone le week-end dernier lors de la plénière de la Mobilisation progressiste mondiale, le président Cyril Ramaphosa a déclaré que le paysage international devenait de plus en plus instable, marqué par des conflits, la montée du nationalisme et l’intensification des rivalités géopolitiques.
« Les lois et les normes qui ont longtemps défini les relations entre les nations sont délibérément violées », a-t-il déclaré.
« Les principes de solidarité, de coopération et d’amitié sont mis à l’épreuve par la résurgence d’un nationalisme étroit, des préjugés et de l’intolérance », a-t-il ajouté.
Ses déclarations interviennent dans un contexte de tensions mondiales accrues, notamment depuis le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, un changement qui, selon plusieurs observateurs, a fragilisé certaines institutions multilatérales et accentué les frictions géopolitiques.
Plusieurs gouvernements et analystes soulignent en effet un affaiblissement du consensus international sur la résolution des conflits, l’action climatique et les droits humains, alors que les grandes puissances adoptent des positions de plus en plus unilatérales. Ramaphosa a estimé que les institutions censées maintenir l’ordre mondial sont affaiblies ou détournées à des fins partisanes.
Il a également établi un lien entre les conflits actuels, notamment la guerre en Palestine, et les inégalités mondiales persistantes héritées du colonialisme et de l’impérialisme, affirmant que de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine continuent d’être traités comme des « citoyens de seconde zone ».
Le président sud-africain a par ailleurs mis en garde contre des crises interdépendantes : aggravation du changement climatique, creusement des inégalités, montée de la pauvreté et polarisation croissante des sociétés.
Selon lui, le débat public est également faussé par les algorithmes des réseaux sociaux, qui amplifient les discours extrémistes et la haine.
« Ce ne sont pas des crises isolées… Elles reflètent un monde qui n’a pas encore surmonté de graves déséquilibres en matière de pouvoir, d’opportunités et de bien-être matériel », a-t-il déclaré.
Malgré ce constat, Cyril Ramaphosa a appelé les mouvements progressistes à saisir ce qu’il qualifie de « moment unique » pour reconstruire la coopération internationale.
Il a plaidé pour un renouveau en faveur de la paix, de la démocratie et de la justice sociale, ainsi que pour une réforme des systèmes financiers mondiaux, qu’il juge défavorables aux économies émergentes. Il a également insisté sur la nécessité de restaurer le rôle central de l’ONU dans les relations internationales et de renforcer le multilatéralisme à travers le dialogue, la diplomatie et le respect du droit international.
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