L’Egypte a officiellement rouvert samedi son ambassade à Tripoli, fermée depuis 2014 en raison de l’insécurité en Libye, marquant une nouvelle étape dans le rapprochement diplomatique entre les deux pays.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a présidé samedi 7 novembre 2026 la cérémonie de réouverture de l’ambassade d’Egypte dans la capitale libyenne, en présence de responsables libyens. Cette reprise des activités diplomatiques intervient après douze années de fermeture consécutives aux violences qui ont plongé le pays dans une longue période d’instabilité. Avant cette cérémonie, le chef de la diplomatie égyptienne avait été reçu par le chef du Gouvernement d’unité nationale (GUN), Abdelhamid Dbeibah.
Dans un communiqué, le gouvernement libyen a présenté cette réouverture comme un témoignage du « développement des relations bilatérales entre les deux pays ». Elle traduit également la volonté du Caire de renforcer sa présence diplomatique et de consolider ses relations avec les autorités établies dans l’ouest libyen, dans un contexte marqué par les efforts de normalisation institutionnelle et de relance de la coopération régionale.
Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye reste confrontée à des divisions politiques et à des épisodes récurrents de violences armées. En 2014, une coalition de milices avait pris le contrôle de Tripoli après plusieurs semaines d’affrontements, contraignant de nombreuses représentations diplomatiques et organisations internationales à quitter le territoire. L’Egypte avait alors suspendu les activités de son ambassade dans la capitale libyenne pour des raisons de sécurité.
La reprise de la présence diplomatique égyptienne s’inscrit dans un mouvement plus large de retour des représentations étrangères à Tripoli. Plusieurs pays européens, dont la France, l’Espagne, l’Italie et la Grèce, ont également rouvert leurs ambassades ces dernières années, témoignant d’une amélioration relative des conditions de sécurité dans la capitale, malgré la persistance des fragilités politiques et institutionnelles.
Cette réouverture intervient par ailleurs dans un contexte de relance du dialogue égypto-libyen. La visite de Badr Abdelatty a également permis d’aborder les différends relatifs à la délimitation des frontières maritimes, les projets énergétiques communs, la coopération sanitaire et les conditions de travail des ressortissants égyptiens en Libye. Le Caire entend notamment renforcer les partenariats dans les secteurs des hydrocarbures, de l’électricité et des infrastructures, tout en soutenant un règlement politique de la crise libyenne fondé sur un dialogue inclusif et l’organisation d’élections nationales.
Au-delà de sa portée symbolique, le retour de l’ambassade égyptienne constitue ainsi un signal diplomatique important dans le processus de normalisation des relations avec Tripoli et dans la stratégie du Caire visant à renforcer son influence politique et économique en Libye.
MK/AK/APA





