La famille de l’imam Moussa al-Sadr accuse Tripoli d’entraver la vérité sur sa disparition.
Le comité officiel chargé de suivre l’affaire de la disparition de l’imam chiite libanais, Moussa al-Sadr, a dénoncé mercredi le manque de coopération des autorités libyennes successives depuis 2011, les tenant « pleinement responsables » de la révélation du sort du religieux et de ses deux compagnons. Ces derniers avaient disparu en Libye en 1978, malgré un mémorandum d’entente conclu entre Beyrouth et Tripoli il y a plus de dix ans. Les déclarations ont été faites lors d’une conférence de presse à Beyrouth, organisée avec le Centre de recherche et d’études Imam Moussa Al-Sadr.
Sadr Al-Din, fils de l’imam disparu, a affirmé que des informations croisées et des enquêtes menées par diverses parties confirment que son père a été déplacé entre plusieurs lieux de détention en Libye « au moins jusqu’en 2011 ». Cette persistance, selon lui, démontre que les autorités libyennes actuelles « continuent d’assumer la responsabilité » de son sort.
Il a également dénoncé la libération d’Hannibal Kadhafi par le Liban en 2023, y voyant « un accord politique suspect » et « un déséquilibre profond dans le cours de la justice ».
Le magistrat Hassan Al-Shami, chargé du dossier au Liban, a averti contre toute normalisation ou reprise de relations « ordinaires » avec Tripoli avant que la Libye ne fournisse les informations exigées depuis des années. Il a réaffirmé que les autorités libyennes n’ont transmis à ce jour aucun élément décisif permettant d’éclaircir la disparition de l’imam et de ses compagnons.
Selon les autorités libanaises, Hannibal Kadhafi avait été arrêté en 2015 sur la base d’indications sur l’affaire Al-Sadr, avant d’être libéré en novembre dernier. Sa remise en liberté, sans avancée substantielle dans l’enquête, a ravivé les accusations de blocage politique et relancé la pression sur Tripoli pour dévoiler les circonstances de cette disparition vieille de 47 ans.
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