Le Caire a accueilli, du 1er au 3 septembre, la réunion de la Task Force du G20 sur la sécurité alimentaire, un premier rendez-vous hors des pays membres. L’occasion pour l’Égypte de placer la famine à Gaza et les fragilités du système alimentaire mondial au centre du débat.
Pendant trois jours, diplomates, ministres et experts se sont réunis dans la capitale égyptienne, transformée en forum international pour la sécurité alimentaire. Sous l’égide de la présidence sud-africaine, la réunion du G20 a été qualifiée de « jalon historique » par Ragui El-Etreby, représentant présidentiel de l’Égypte auprès du groupe. Il a insisté sur la nécessité de défendre les priorités des pays en développement, en particulier africains.
Dès l’ouverture, Le Caire a dénoncé la « politique systématique de la faim » imposée, selon ses termes, à Gaza, où 2,4 millions de Palestiniens vivent sous blocus. Les autorités égyptiennes ont rappelé que plus de 5 400 camions chargés d’aide alimentaire et médicale sont bloqués dans le Sinaï. Selon les chiffres communiqués, au moins 340 personnes, dont des enfants, seraient déjà mortes de malnutrition, tandis que 600 000 personnes seraient menacées par une famine catastrophique.
Au-delà de la situation humanitaire à Gaza, les débats ont mis en évidence les faiblesses d’un système alimentaire mondial fragilisé par les chocs climatiques, les conflits et les déséquilibres économiques. El-Etreby a appelé à une réforme du commerce multilatéral, à une meilleure gestion de l’eau et à un transfert accru de technologies. « Le G20 doit assumer ses responsabilités », a-t-il plaidé, estimant que la crise alimentaire s’enracine dans des défaillances structurelles.
Le ministre égyptien des Finances, Ahmed Kouchouk, a rappelé le poids de la crise pour les pays africains et en développement. L’Égypte consacre près de 20 % de son budget — environ 4,8 milliards d’euros — aux subventions alimentaires, qui profitent à plus de 60 millions de citoyens. Mais, selon lui, les efforts nationaux ne peuvent suffire : ils doivent être complétés par des partenariats internationaux.
Les débats à huis clos ont révélé des divergences sur le rôle du G20. Certains États souhaitaient associer davantage la FAO et l’OMC, tandis que d’autres craignaient un chevauchement des mandats. « Nous avons convenu de concentrer la discussion sur les priorités de développement et d’éviter les sujets clivants », a expliqué Rania Abdel-Méguid, du ministère égyptien des Affaires étrangères.
MK/Sf/APA







