Le président béninois Romuald Wadagni a réaffirmé l’ancrage de son pays au sein de la Cédéao, tout en appelant à un rapprochement avec les États de l’Alliance des États du Sahel (AES), dans un contexte de tensions régionales persistantes.
Le président béninois Romuald Wadagni a réaffirmé son engagement en faveur du renforcement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), tout en tendant la main aux pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), dans un contexte marqué par les tensions diplomatiques entre Cotonou et Niamey.
Au lendemain de son investiture, le nouveau chef de l’État béninois a reçu en audience le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray, pour des discussions axées sur la stabilité régionale, l’intégration économique et les défis sécuritaires en Afrique de l’Ouest.
La Cédéao avait apporté son appui aux autorités béninoises lors de la tentative de coup d’État de décembre 2025 sous la présidence de Patrice Talon. L’organisation avait activé son mécanisme régional de gestion des crises et mobilisé sa force en attente en soutien au maintien de l’ordre constitutionnel au Bénin.
Cette rencontre intervient alors que le Président Wadagni a profité de son discours d’investiture pour appeler à une reprise du dialogue entre les États membres de la Cédéao et les pays de l’AES – le Mali, le Burkina Faso et le Niger – qui ont assisté à la cérémonie à travers des délégations de haut niveau.
« Dans une sous-région confrontée au péril terroriste, nous sommes condamnés à travailler ensemble », a déclaré le président béninois, plaidant pour une coopération fondée sur « la stabilité, le dialogue et le respect ».
La délégation malienne était conduite par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, celle du Burkina Faso par Karamoko Jean-Marie Traoré, tandis que le Niger était représenté par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine.
Le chef de l’État béninois a assuré de « la disponibilité du Bénin à agir de concert » avec les pays voisins dans la lutte contre le terrorisme et pour la relance d’une coopération régionale plus étroite.
Les déclarations de M. Wadagni marquent une inflexion diplomatique après plusieurs mois de crispations entre le Bénin et le Niger, déclenchées à la suite du coup d’État de juillet 2023 à Niamey ayant renversé le président Mohamed Bazoum.
Les autorités nigériennes avaient accusé Cotonou d’abriter des bases militaires étrangères destinées à déstabiliser le Niger, des accusations rejetées par le Bénin. La fermeture prolongée de la frontière entre les deux pays avait également affecté les échanges économiques, notamment le transit du pétrole nigérien via le port de Cotonou.
En relançant l’appel au dialogue avec les États sahéliens tout en réaffirmant l’attachement du Bénin à la Cédéao, Romuald Wadagni semble vouloir repositionner son pays comme un trait d’union entre l’organisation ouest-africaine et les régimes de l’AES.
« Ensemble, nous pouvons bâtir une Afrique puissante en faisant nos propres choix d’orientation stratégique », a-t-il soutenu.
AC/Sf/APA






