Halima Ben Ali, l’une des filles de l’ancien président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, a été interpellée mardi 30 septembre à Paris, en Île-de-France, à la suite d’une demande des autorités tunisiennes.
Selon une source judiciaire française, elle doit être présentée ce mercredi 1er octobre devant le parquet général afin de lui notifier la demande d’arrestation provisoire transmise par Tunis. Le conseiller délégué statuera ensuite sur son éventuel placement sous écrou extraditionnel ou, à défaut, sous contrôle judiciaire. Une audience devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel, compétente en matière d’extradition, aura lieu à une date ultérieure. Aucun détail n’a pour l’instant été communiqué sur les chefs d’accusation retenus par la justice tunisienne.
Halima Ben Ali appartient au cercle familial qui avait concentré le pouvoir politique et économique sous le règne de Zine El Abidine Ben Ali. Son père avait pris le pouvoir en novembre 1987, déposant Habib Bourguiba, et a dirigé la Tunisie pendant vingt-trois ans. Son régime, marqué par la répression des opposants et de multiples affaires de corruption, a été renversé par les soulèvements du « Printemps arabe » en janvier 2011. Contraint à l’exil, Ben Ali s’était réfugié en Arabie saoudite, où il est décédé en septembre 2019 à l’âge de 83 ans.
Depuis sa chute, la justice tunisienne a multiplié les procédures contre l’ancien président et son entourage. Ben Ali a été condamné par contumace à plusieurs peines de prison à perpétuité pour homicides volontaires, abus de pouvoir et détournements de fonds publics. Ses proches, dont plusieurs membres de sa famille installés à l’étranger, font également l’objet de mandats d’arrêt ou de demandes d’extradition. La famille Ben Ali-Trabelsi est régulièrement accusée d’avoir accumulé un vaste patrimoine grâce à des pratiques d’enrichissement illicite et d’avoir transféré une partie de ses avoirs hors de Tunisie.
L’arrestation d’Halima Ben Ali intervient alors que Tunis tente de relancer ses démarches pour récupérer les biens spoliés par l’ancien clan présidentiel et ramener devant la justice certains de ses membres. La coopération judiciaire avec la France reste sensible, Paris examinant avec prudence les demandes d’extradition, qui doivent répondre à des critères précis de droit et de garanties procédurales.
Cette interpellation pourrait rouvrir un dossier délicat entre les deux pays. Elle souligne également la volonté des autorités tunisiennes de poursuivre, plus de quatorze ans après la révolution, le processus de reddition des comptes à l’égard de l’ancien régime.
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