L’Ethiopie et la Chine sont en pourparlers concernant un projet de conversion en yuans d’une partie de la dette de $5,38 milliards que ce pays d’Afrique de l’Est doit à Pékin.
Eyob Tekalegn, le nouveau gouverneur de la Banque nationale
d’Ethiopie, a déclaré dimanche, lors d’une interview accordée à la
presse locale aux Etats-Unis, que les discussions concernant un
éventuel échange de devises avaient débuté le mois dernier, lors de sa visite à
Pékin.
L’objectif est de réduire les coûts de financement et de renforcer les
échanges bilatéraux. L’Éthiopie a suivi l’exemple de son voisin, le
Kenya, en soutenant les efforts de la Chine pour internationaliser le
yuan.
L’Ethiopie et la Chine ont signé un accord d’échange de devises en
septembre dernier. Aux termes de cet accord, les deux pays étaient
censés effectuer des transactions en birr éthiopien et en yuan
chinois, afin de renforcer leurs liens économiques et commerciaux.
Cet accord a été conclu lors de discussions entre le Premier ministre
éthiopien Abiy Ahmed et le président chinois Xi Jinping.
Eyob Tekalegn, gouverneur de la Banque nationale d’Ethiopie, a
confirmé que des discussions avaient eu lieu le mois dernier à Pékin
avec la Banque d’import-export de Chine et la Banque populaire de
Chine.
« La Chine est un partenaire clé pour l’Ethiopie, avec des flux
commerciaux et d’investissement croissants », a-t-il déclaré lors
d’une interview accordée le 17 octobre à Washington, lors des
Assemblées annuelles du Fonds monétaire international. « Il est
judicieux d’envisager un échange de devises, y compris une conversion
partielle de la dette », a-t-il ajouté.
L’Ethiopie a fait défaut sur ses obligations extérieures en 2023 et
négocie actuellement la restructuration d’environ 15 milliards de
dollars de dette.
Le pays a conclu un protocole d’accord avec son comité des créanciers
officiels, co-présidé par la Chine et la France, en juillet. Les
discussions avec les détenteurs d’euro-obligations ont été plus
complexes, les discussions ayant récemment été bloquées concernant des
remboursements supplémentaires liés aux performances économiques.
Le gouvernement éthiopien prévoit de finaliser les accords bilatéraux
avec les créanciers officiels d’ici la fin de l’année et de conclure
les négociations avec les créanciers commerciaux d’ici mars 2026.
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