Les États-Unis envisagent de lever les sanctions imposées de longue date à l’Érythrée, selon des informations obtenues jeudi par APA auprès de sources proches du dossier.
Un possible changement de cap dans la politique des Etats-Unis vis-à-vis de l’Erythrée intervient dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient, marqué notamment par les perturbations persistantes dans le détroit d’Ormuz, devenu particulièrement sensible pour le transport maritime international.
Plusieurs analystes estiment que la position stratégique de l’Érythrée, située sur les rives de la mer Rouge, explique cette réorientation diplomatique américaine. Une levée des sanctions marquerait un tournant majeur dans les relations entre Washington et l’un des États les plus isolés du continent africain.
Selon une note interne du département d’État américain, Washington envisagerait d’abroger un décret signé par Donald Trump « autour du 4 mai », ouvrant ainsi la voie à un allègement des sanctions visant Asmara.
Les relations entre les États-Unis et l’Érythrée restent marquées par plusieurs décennies de tensions diplomatiques, aggravées ces dernières années par des sanctions ciblant le parti au pouvoir ainsi que de hauts responsables militaires érythréens.
Ce changement d’approche intervient alors que les tensions régionales autour de l’Iran et les perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz continuent d’affecter les chaînes mondiales d’approvisionnement énergétique et les routes commerciales maritimes.
Avec les difficultés persistantes dans le Golfe, la mer Rouge est redevenue un corridor essentiel pour les échanges reliant l’Asie à la Méditerranée. L’Érythrée dispose d’un vaste littoral faisant face à l’Arabie saoudite, renforçant son importance géostratégique.
« Le contrôle et la coopération en mer Rouge ne sont plus facultatifs pour Washington », a indiqué un analyste familier de la région, estimant que les perturbations dans le Golfe persique ont transformé l’Érythrée en acteur stratégique pour la sécurité énergétique mondiale.
En 2021, l’administration de Joe Biden avait imposé de lourdes sanctions contre le Front populaire pour la démocratie et la justice (PFDJ), l’armée érythréenne et plusieurs hauts responsables sécuritaires.
Ces mesures avaient été adoptées après l’intervention des forces érythréennes dans la guerre civile en Éthiopie, aux côtés des troupes fédérales engagées contre les autorités régionales du Tigré.
MG/as/lb/te/Sf/APA







