Alors que le trafic transfrontalier de camions a été suspendu pour cause d’insécurité, les ministres égyptien des Affaires étrangères des de l’Égypte et du Soudan, Badr Abdelatty et Mohieddin Salem, ont réaffirmé, lors d’un entretien téléphonique le 12 octobre, leur volonté de poursuivre la coordination bilatérale et de respecter mutuellement leur souveraineté et leurs frontières.
L’Égypte a suspendu jusqu’à nouvel ordre le passage des camions à destination du Soudan par le poste-frontière de Qustul, en raison de la dégradation des conditions de sécurité entre ce point de passage et celui d’Ashkeit, côté soudanais. Cette mesure, annoncée vendredi par l’Autorité générale des ports terrestres et secs, souligne les répercussions concrètes de la guerre soudanaise sur les échanges commerciaux et les connexions terrestres entre les deux pays.
La décision concerne exclusivement le transport de marchandises par poids lourds. Les autocars, les véhicules particuliers, les minibus et les voyageurs restent autorisés à franchir la frontière, selon les directives communiquées par les autorités égyptiennes. Le dispositif vise notamment à limiter l’exposition des chauffeurs routiers aux risques liés à l’évolution de la situation sur le terrain.
Toutefois, la suspension, prononcée sans échéance de réouverture, fait peser une incertitude sur les opérateurs économiques dépendants de cet axe commercial, essentiel aux échanges entre l’Égypte et le Soudan.
La Chambre de commerce d’Alexandrie a, de son côté, relayé des consignes de précaution destinées aux entreprises de transport international et aux propriétaires de poids lourds. Les chauffeurs sont appelés à renforcer leur vigilance, à respecter les instructions des autorités compétentes et à suivre en permanence l’évolution des conditions sécuritaires.
Il leur est également demandé de ne pas dépasser les limites des États du Nord soudanais. Ces recommandations illustrent les difficultés croissantes auxquelles se heurte la circulation des marchandises dans un pays où le conflit armé perturbe les infrastructures, les itinéraires logistiques et les mécanismes habituels de contrôle territorial.
La fermeture intervient également dans un contexte de renforcement des opérations sécuritaires égyptiennes contre l’exploitation illégale de l’or dans le désert Oriental. Le 12 octobre, l’armée égyptienne a annoncé la poursuite d’une campagne visant les activités clandestines de prospection aurifère.
Si cette opération relève d’abord de la protection des ressources nationales et du contrôle du territoire égyptien, son évocation dans le contexte de la suspension frontalière rappelle que les enjeux sécuritaires et économiques se superposent dans cette zone stratégique. Les autorités n’ont toutefois pas établi de lien direct entre cette campagne et la décision de suspendre le trafic des camions vers le Soudan.
Sur le plan diplomatique, Le Caire continue d’afficher son soutien aux institutions soudanaises et à l’intégrité territoriale de son voisin. Mais cette solidarité politique se heurte à une réalité opérationnelle plus préoccupante : la guerre au Soudan contraint progressivement l’Égypte à adapter ses dispositifs frontaliers et commerciaux. Le maintien de la suspension pourrait ainsi peser sur les chaînes d’approvisionnement, les transporteurs et les opérateurs économiques, tandis que sa durée dépendra de l’évolution des conditions de sécurité entre Qustul et Ashkeit.
MK/AK/Sf/APA





