La présidente de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) du Sénégal, le professeur Amsatou Sow Sidibé, a appelé vendredi à une meilleure protection des migrants en conflit avec la loi et à une intégration effective du genre dans les politiques extérieures des États, à l’ouverture de deux événements parallèles organisés en marge de la 89e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), prévue jusqu’au 21 octobre 2026 à Dakar.
Dans son allocution d’ouverture, en marge de la 89e session ordinaire de la CADHP, tenue à Dakar,le professeur Amsatou Sow Sidibé a souligné l’urgence de traduire les engagements des États en matière de droits humains en mesures concrètes et en pratiques institutionnelles efficaces.
Les deux rencontres tenue à cette occasion, à Dakar, portent sur la protection des droits des migrants confrontés au système judiciaire et pénitentiaire, ainsi que sur l’intégration de la dimension genre dans l’action diplomatique et extérieure des États africains.
S’agissant des migrants en conflit avec la loi, la présidente de la CNDH a insisté sur la nécessité de garantir les droits fondamentaux des personnes concernées, notamment en matière de détention, de poursuites judiciaires, d’expulsion et de refoulement.
Elle a notamment mis l’accent sur la prévention des détentions arbitraires, l’accès à l’assistance juridique et judiciaire et le respect du principe de non-refoulement, conformément à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et aux instruments internationaux pertinents.
La gestion des flux migratoires ne saurait se faire au détriment de la dignité humaine et des garanties fondamentales reconnues à toute personne, a-t-elle fait valoir.
Le professeur Amsatou Sow Sidibé a également rappelé le rôle des institutions nationales des droits de l’homme dans le contrôle des lieux de privation de liberté, le traitement des plaintes et le plaidoyer pour le respect des droits des migrants.
Les échanges devront contribuer à identifier les principales violations constatées et à formuler des recommandations destinées à renforcer la coopération entre les acteurs concernés.
Le second événement parallèle est consacré à la prise en compte du genre dans les politiques diplomatiques et extérieures des États africains.
Sur cette question, la présidente de la CNDH a relevé que, malgré les avancées enregistrées, notamment avec le Protocole de Maputo relatif aux droits des femmes en Afrique, des efforts restent nécessaires pour assurer la mise en œuvre effective des engagements pris.
Elle a souligné que la diplomatie et la coopération internationale constituent des leviers importants pour promouvoir l’égalité de genre, appelant à faire de cette exigence une priorité transversale des politiques publiques.
Les institutions nationales des droits de l’homme sont ainsi appelées à accompagner et à conseiller les pouvoirs publics afin de favoriser une meilleure prise en compte du genre dans les décisions et les engagements internationaux des États.
Le professeur Amsatou Sow Sidibé a enfin exprimé le souhait que les travaux débouchent sur des recommandations pragmatiques et des engagements durables en faveur des droits humains en Afrique.
Elle a remercié la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, UNIFAM et l’Organisation libérale pour leur soutien, ainsi que les institutions nationales des droits de l’homme, les organisations de la société civile et les experts présents.
La 89e session ordinaire de la CADHP se poursuit à Dakar jusqu’au 21 octobre 2026, avec la participation de représentants d’institutions nationales et internationales, de missions diplomatiques et d’organisations de défense des droits humains.
TE/Sf/APA





