Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a rejeté les accusations d’ingérence formulées par l’Éthiopie, tout en réaffirmant les exigences du Caire sur le partage des eaux du Nil.
Rejetant des allégations d’ingérence formulées par l’Ethiopie, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty a également défendu l’unité du Soudan et confirmé que l’Égypte étudiait une éventuelle adhésion à un dispositif régional de défense associant plusieurs puissances du Moyen-Orient et d’Asie.
Dans un entretien accordé le 14 octobre à Sky News Arabia, le chef de la diplomatie égyptienne a dénoncé des accusations « dénuées de tout fondement » concernant une supposée implication du Caire dans les tensions internes éthiopiennes. Invoquant le principe de non-ingérence, Badr Abdelatty a estimé que chaque État devait assumer ses propres difficultés intérieures. Cette mise au point intervient dans un contexte de relations dégradées entre les deux pays, marqué notamment par des expulsions de diplomates et des désaccords persistants sur la gestion des ressources hydriques du bassin du Nil.
Derrière cette défense de souveraineté, le différend sur le fleuve demeure le principal facteur de confrontation entre Le Caire et Addis-Abeba. L’Égypte, dont l’approvisionnement en eau dépend très largement du Nil, considère les décisions unilatérales éthiopiennes comme une menace stratégique.
Le ministre a rappelé que le droit au développement de l’Éthiopie ne pouvait se faire au détriment des besoins vitaux de la population égyptienne, estimée à environ 110 millions d’habitants. Si le principe d’une utilisation équitable des ressources transfrontalières est défendu par les deux pays, l’absence d’un accord contraignant sur la gestion du fleuve continue d’alimenter la défiance. Le différend autour du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne ( GERD) reste ainsi un dossier central de la sécurité régionale.
Sur le front soudanais, Le Caire a réaffirmé son opposition à toute partition du pays et plaidé pour un règlement politique de la guerre. Badr Abdelatty a insisté sur le soutien aux institutions nationales soudanaises, l’arrêt des livraisons d’armes aux milices et l’ouverture d’un dialogue entre les différentes composantes de la société civile.
L’Égypte refuse notamment qu’une légitimité politique soit accordée aux groupes armés accusés d’exactions contre les civils. Cette position répond autant à des considérations de stabilité régionale qu’aux impératifs de sécurité nationale égyptienne, le Soudan partageant une frontière stratégique avec l’Égypte.
Enfin, le ministre a confirmé que les autorités égyptiennes examinaient la possibilité de rejoindre l’accord de défense de La Mecque, associant l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. Il a évoqué, parallèlement, le mécanisme de consultations R4 réunissant ces trois pays et l’Égypte.
Le Caire entend contribuer à la définition d’une architecture régionale fondée sur la souveraineté des États, le respect du droit international, le règlement de la question palestinienne et le refus du soutien aux milices parallèles. Cette orientation traduit la volonté égyptienne de renforcer son poids diplomatique et sécuritaire, alors que les conflits au Soudan, les tensions autour du Nil et les recompositions stratégiques du Moyen-Orient redessinent les équilibres régionaux.
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