La ministre déléguée nigériane aux Affaires étrangères, l’ambassadrice Bianca Odumegwu-Ojukwu, a appelé à garantir l’équité et l’inclusivité dans la répartition des postes statutaires au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).
S’exprimant mardi à Abuja lors de la réunion ministérielle ad hoc sur la rotation des titulaires de postes statutaires dans les institutions de la Cédéao, Mme la ministre nigériane Odumegwu-Ojukwu a souligné que cette rencontre illustrait l’engagement collectif des États membres à défendre les principes d’équité, d’équilibre régional et d’intégrité institutionnelle dans le cadre de gouvernance de l’organisation.
« Je tiens à vous assurer que, fidèle à son engagement constant en faveur de l’intégration régionale et de la solidarité, le Nigéria continuera d’assumer son rôle traditionnel de leader en engageant un dialogue constructif avec tous les États membres afin de bâtir un consensus et de veiller à ce que nos décisions communes traduisent à la fois l’équité et une vision partagée de l’avenir de notre communauté », a-t-elle déclaré.
La ministre a rappelé que la mission confiée au comité était essentielle et au cœur même du projet d’intégration régionale de la Cédéao, d’où le soin particulier apporté à sa composition.
Selon elle, il est nécessaire de reconnaître et de prendre en compte les aspirations des États membres disposant de populations plus faibles ou de ressources limitées, mais qui manifestent une volonté inébranlable de contribuer au renforcement de la Cédéao.
Mme Odumegwu-Ojukwu a précisé que l’appartenance au comité ad hoc ne devait pas être perçue comme une voie d’accès à des postes de direction au sein des institutions communautaires.
Elle a insisté sur le fait que les travaux du comité devaient être guidés par les principes de solidarité régionale, en privilégiant l’intérêt collectif de la sous-région au détriment des ambitions nationales.
« Ce faisant, nous contribuerons à renforcer l’unité, la confiance mutuelle et le sentiment d’appartenance partagée parmi les citoyens de la Cédéao », a-t-elle ajouté.
La ministre nigériane a précisé que le comité avait été chargé d’examiner les propositions relatives à la répartition des postes statutaires pour la période 2026-2030, une mission fondée sur la confiance qui lui est accordée.
« Cette tâche revêt une importance particulière, car les titulaires actuels, dont les mandats non renouvelables de quatre ans arrivent à échéance entre juillet et octobre 2026, devront être remplacés (…)
Notre mandat consiste donc à examiner attentivement les propositions de la Commission et à soumettre notre rapport au Conseil des ministres lors des réunions statutaires de décembre 2025, pour validation et recommandation à l’Autorité », a-t-elle expliqué.
Elle a enfin exhorté les membres à « se concentrer sur des résultats concrets et porteurs d’impact pour l’avenir de la région ».
De son côté, le président de la Commission de la Cédéao, Dr Omar Touray, a rappelé qu’il avait informé le Conseil des ministres lors de sa 94ᵉ session ordinaire, en juin dernier, que les mandats de l’actuelle équipe dirigeante prendraient fin le 14 juillet 2026.
Il a précisé que cette démarche s’inscrivait dans le cadre de l’Acte additionnel de 2012 fixant les modalités d’attribution des postes statutaires au sein des institutions de la Cédéao, conformément à l’article 14, paragraphe 3, de ce texte.
Dr Touray a indiqué que la Commission présenterait au comité un mémorandum définissant le cadre de répartition des postes statutaires.
« Ce document a été élaboré en tenant compte des dispositions de l’Acte additionnel de 2012 et des données historiques sur les attributions de postes depuis 1975 (…)
Nous espérons que le comité examinera cette proposition en gardant à l’esprit l’intérêt supérieur de la Communauté (…)
La Commission se tient prête à fournir toute l’assistance nécessaire pour faciliter ses travaux », a-t-il assuré.
Les postes concernés incluent ceux du président et du vice-président de la Cédéao, des commissaires, des juges de la Cour de justice communautaire, ainsi que ceux de l’auditeur général et des directeurs généraux du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) et de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS).
Le principe de rotation, inscrit dans les textes de la Cédéao, vise à garantir une représentation équitable des États membres au sein des organes exécutifs, pour des mandats non renouvelables de quatre ans.
Le comité ad hoc, composé de représentants du Bénin, de la Côte d’Ivoire, de la Gambie, du Ghana, de la Guinée-Bissau, du Nigéria, du Sénégal et du Togo, est chargé d’examiner la répartition proposée avant sa transmission au Conseil des ministres, puis à l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement pour décision finale.
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