Le groupe des BRICS a appelé à de vastes réformes des Nations Unies et d’autres institutions mondiales, réclamant une « représentation géographique équitable » dans le recrutement du personnel des secrétariats de l’ONU ainsi que dans les postes de direction de haut niveau.
Réunis à New Delhi à l’occasion de leur 18e sommet durant le week-end, les dirigeants du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud ont estimé que les structures actuelles de gouvernance des organisations internationales ne reflètent pas les réalités contemporaines, en particulier le rôle croissant des marchés émergents et des pays en développement.
Dans une déclaration publiée à l’issue du sommet, le bloc a demandé que les recrutements et nominations au sein de l’ONU soient guidés par les principes de transparence, d’inclusivité et de respect de l’article 101 de la Charte des Nations Unies, qui exige que le personnel soit recruté sur une base géographique aussi large que possible.
« Nous appelons également à parvenir, dans des délais raisonnables, à une représentation géographique équitable au sein du Secrétariat de l’ONU et des autres organisations internationales, notamment en remédiant à la sous-représentation persistante des pays en développement, y compris aux niveaux supérieurs et décisionnels », ont déclaré les dirigeants.
Les dirigeants des BRICS ont relevé qu’aucune femme n’a jamais exercé les fonctions de secrétaire générale de l’ONU et qu’un seul ressortissant d’Amérique latine et des Caraïbes, ainsi que seulement deux ressortissants d’Afrique et deux d’Asie respectivement, ont occupé ce poste depuis la création de l’organisation il y a plus de 80 ans.
Ils ont souligné que la concentration des postes de haut niveau entre les mains de ressortissants d’un nombre restreint d’États porte atteinte à la légitimité du système des Nations unies.
Au-delà de l’ONU, la déclaration plaide pour une réforme des institutions de Bretton Woods, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, afin de les rendre plus représentatives de l’économie mondiale.
Les dirigeants des BRICS ont réitéré leur demande d’un réalignement des quotes-parts et de l’actionnariat permettant aux marchés émergents et aux économies en développement de disposer d’une voix plus forte.
Ils ont également renouvelé leurs appels à une réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) afin de restaurer la crédibilité du système commercial multilatéral.
Cette démarche reflète les frustrations de longue date des pays en développement face à ce qu’ils considèrent comme une gouvernance inéquitable des institutions mondiales.
Selon les critiques formulées par ces pays, le pouvoir décisionnel demeure concentré entre les mains d’un petit nombre de nations riches, tandis que le Sud global, bien qu’il représente la majorité de la population mondiale et une part croissante de la production mondiale, reste sous-représenté.
À l’occasion du 20e anniversaire des BRICS, les dirigeants ont affirmé que le bloc continuerait de promouvoir la multipolarité et de renforcer la voix du Sud global dans les affaires internationales.
« Nous réaffirmons notre engagement à réformer et à améliorer la gouvernance mondiale en promouvant un système international et multilatéral plus juste, équitable, agile, efficace, efficient, réactif, représentatif, légitime, démocratique et responsable », indique la déclaration.
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