L’Égypte a appelé à renforcer l’unité et le dialogue entre les États riverains du Nil, lors d’une réunion extraordinaire des ministres du bassin à Juba, insistant sur le respect du droit international et le rejet des initiatives unilatérales.
Lors d’une session exceptionnelle du Conseil des ministres des pays du bassin du Nil (Nile-COM), dans la capitale du Soudan du Sud, le ministre égyptien de l’Irrigation et des Ressources hydriques, Hani Sewilam, a réaffirmé l’attachement du Caire à une coopération inclusive fondée sur le dialogue et la concertation.
La rencontre, organisée à Juba en marge de la Journée du Nil célébrée le 20 février, a coïncidé avec le 25e anniversaire de la création de l’Initiative du Bassin du Nil, plateforme réunissant les dix États riverains.
Dans son intervention, le ministre a souligné que l’avenir du bassin reposait sur « l’unité, l’inclusivité et le dialogue », mettant en garde contre les démarches fragmentées susceptibles d’affaiblir la coopération régionale.
Au cœur des discussions figure le processus consultatif relatif à l’accord-cadre de coopération, auquel certains pays n’ont pas encore adhéré. Le Caire estime que la voie constructive consiste à intensifier les consultations afin de répondre aux préoccupations des États non signataires et de restaurer un cadre consensuel à l’échelle du bassin.
Hani Sewilam a salué le rapport de la commission chargée d’examiner ces réserves, soulignant que l’accord-cadre n’est pas un texte figé mais un instrument évolutif susceptible d’amendements. L’Égypte a exprimé sa volonté de participer activement aux discussions en vue d’aboutir à un texte actualisé garantissant les droits et les intérêts de l’ensemble des pays concernés, tout en préservant leurs ambitions de développement.
Sur le plan juridique, le ministre a rappelé que l’approche égyptienne s’appuie sur les principes établis du droit international, notamment l’obligation de notification préalable, la consultation, la prévention des dommages significatifs et l’usage raisonnable et équitable des ressources en eau. Le Caire a également appelé à ce que toute évolution vers une Commission du bassin du Nil repose sur un consensus total entre les dix États membres.
Enfin, l’Égypte a mis en avant son soutien à 36 projets dans la région des Grands Lacs et sur le Nil Blanc, ainsi que les lettres de non-objection accordées à plusieurs initiatives en Ouganda, en Tanzanie et en Éthiopie. Face aux pressions hydriques et climatiques croissantes, Le Caire plaide pour une coordination régionale renforcée, estimant que seul un cadre inclusif permettra d’assurer un développement partagé et durable dans le bassin du Nil.
MK/Sf/APA







