L’Algérie vise le renforcement de ses relations diplomatiques avec le Niger, alors que les capacités d’exécution et de financement posent problème.
Le Premier ministre algérien a présidé jeudi une réunion interministérielle consacrée au suivi des engagements pris lors de la récente visite à Alger du président nigérien, le général Abdourahmane Tiani. Selon un communiqué officiel, cette rencontre s’inscrit dans le cadre des instructions du président Abdelmadjid Tebboune visant à accélérer la mise en œuvre des projets bilatéraux. Plusieurs secteurs stratégiques ont été évoqués, notamment l’énergie, les infrastructures, l’industrie, la santé, le commerce et la formation.
La mobilisation gouvernementale affichée est notable. Autour de la table figuraient les principaux ministres économiques et régaliens, ainsi que des responsables de haut niveau, dont le secrétaire général du ministère de la Défense nationale. Cette configuration illustre l’importance politique accordée au partenariat avec Niamey. Toutefois, au-delà de l’affichage institutionnel, la question centrale demeure celle de la capacité d’exécution et de financement effectif de projets structurants dans un contexte budgétaire contraint.
Le dossier énergétique apparaît comme la priorité immédiate. Une visioconférence a réuni les responsables de Sonelgaz et de la société nigérienne Nigelec afin de réactiver un accord bilatéral et de définir les prochaines étapes. Il est prévu l’envoi d’experts algériens à Niamey pour étudier la construction d’une centrale électrique, tandis qu’une formation technique sera dispensée à des ingénieurs nigériens à Adrar. Si cette coopération technique constitue un signal politique fort, elle reste à ce stade au niveau préparatoire, sans calendrier public détaillé ni enveloppe financière annoncée.
L’Algérie met en avant une approche de « concrétisation » rapide des engagements diplomatiques. Néanmoins, l’expérience des précédents projets régionaux invite à la prudence. Plusieurs initiatives annoncées ces dernières années dans le cadre de la coopération sahélienne ont connu des retards significatifs, liés à des contraintes logistiques, sécuritaires ou financières.
La stabilité du Niger, confronté à des défis sécuritaires persistants, constitue également un facteur déterminant pour la viabilité des investissements énergétiques envisagés.
Alger cherche à renforcer son ancrage au Sahel et à consolider son influence économique face à la recomposition géopolitique régionale.
MK/AK/Sf/APA







