Depuis décembre 2025, la capitale burkinabè fait face à une pénurie de gaz butane. Les points de vente sont pris d’assaut, les files d’attente interminables et les tensions montent parmi les consommateurs contraints à une véritable « chasse » aux bouteilles.
Se procurer une bouteille de gaz butane à Ouagadougou est devenu un parcours du combattant. Depuis le mois de décembre dernier, les points de vente de la capitale sont pris d’assaut, les files d’attente s’allongent démesurément et, dans certains quartiers, la précieuse bouteille devient tout simplement introuvable.
Si les distributeurs pointent un manque de bouteilles vides, la SONABHY assure augmenter sa production sans que cela se répercute sur le terrain.
Dans le quartier San-Yiri, Lazard Ouédraogo a obtenu satisfaction après des journées d’attente ou des rondes infatigables. « Je tourne tous les jours… heureusement que j’ai pu avoir ça, Dieu merci », témoigne-t-il.
Mais tout le monde n’a pas cette chance. Éric Bassole, venu de Saaba, repart bredouille, les bouteilles de 12 kg étant en rupture de stock, seules quelques petites bouteilles de 6 kg restant disponibles.
À la Cité An III, le dépôt ressemble à un marché à ciel ouvert. Certains usagers sont présents depuis 5 heures du matin et six heures plus tard, ils attendent toujours. Si les uns abandonnent à cause de leurs obligations professionnelles, d’autres s’obstinent car les alternatives manquent cruellement. « Actuellement le bois et le charbon se font rares, donc c’est vraiment difficile », explique IVes Somda, désabusé.
Le manque de bouteilles vides en cause
Du côté de Sodigaz, qui détient 60 % de parts de marché, Noraogo Sawadogo, chargé de communication, apporte des explications à cette situation, chez nos confrères de LeFaso.net.
Selon lui, la pénurie actuelle est d’ordre général et s’explique principalement par un manque de bouteilles vides nécessaires au ravitaillement.
« Le problème que nous rencontrons actuellement concerne surtout l’indisponibilité des bouteilles vides, qui sont majoritairement stockées dans les ménages », explique-t-il. Cette situation limite la capacité de la société à effectuer le remplissage et à assurer un approvisionnement régulier du marché.
La SONABHY affirme augmenter sa production
Pour Jonas Sango, directeur de dépôt de la SONABHY/Bingo, la situation est « incompréhensible ». « Pendant que les sorties sont normales au niveau de nos dépôts, et même que nous faisons sortir plus de gaz, curieusement, nous constatons que sur le terrain, il y a des manques », confie-t-il au quotidien d’État Sidwaya.
La SONABHY affirme avoir multiplié les actions pour faire face à la période de forte demande. L’entreprise a réorganisé ses équipes techniques, limité les congés et fait passer le rythme de travail à sept jours sur sept, 24 heures sur 24, avec trois équipes qui se relaient quotidiennement.
Résultat : les sorties sont passées de 400 tonnes par jour à plus de 600 tonnes, avec un pic à 695 tonnes en décembre 2025. « Rien que pour le mois de décembre, nous avons augmenté nos sorties de 7 %. Sur toute l’année 2025, nous avons consenti des efforts soutenus, avec une moyenne d’augmentation autour de 18 % », précise Jonas Sango.
Cependant, le directeur souligne que la SONABHY ne livre pas directement le gaz à la population et ne maîtrise pas les cycles de distribution après les dépôts. « Ce qui surprend est que des efforts sont faits, mais au finish, le gaz n’est pas présent », déplore-t-il.
Malgré les difficultés sur le terrain, la SONABHY se veut rassurante : « Il n’y a pas de panique à se faire, car le gaz est disponible au niveau de la SONABHY ».
HO/ac/Sf/APA






