Face aux difficultés d’écoulement rencontrées par les planteurs, le ministère d’État, ministre de l’Agriculture, du développement rural et des productions vivrières, a annoncé ce mardi 20 janvier 2026 une enveloppe massive de plus de 280 milliards de FCFA destinée au rachat des surplus de fèves.
Le constat est sans appel : environ 123 000 tonnes de cacao sont actuellement en attente dans les zones de production. Le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, du développement rural et des productions vivrières, Kobenan Kouassi Adjoumani, a animé ce mardi une conférence pour rassurer les producteurs.
La région de Duékoué, dans l’Ouest du pays, concentre le stock le plus important. Cette situation, qualifiée par le ministre d4etat de « préoccupation majeure », résulte d’une combinaison de facteurs logistiques et portuaires, mais aussi d’une chute brutale des cours mondiaux.
Alors que le prix aux producteurs a été maintenu à 2 800 FCFA/kg pour la campagne principale 2025-2026 grâce aux ventes par anticipation, les prix internationaux ont dégringolé de 30 % depuis septembre 2025, passant de 3 800 FCFA à environ 2 500 FCFA le kilogramme. Ce contexte défavorable a freiné les achats habituels, créant un engorgement au bord champ.
Un plan d’urgence opérationnel annoncé
Pour « régler totalement et définitivement le problème », le gouvernement a validé, de concert avec le Conseil du Café-Cacao (CCC, régulateur) et l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA), un plan d’enlèvement immédiat.
« Il ne s’agit pas d’une action ponctuelle. Ce mécanisme se poursuivra tout au long de la campagne afin de décongestionner le bord champ et restaurer la fluidité des achats », a martelé Kobenan Kouassi Adjoumani.
L’État s’appuiera prioritairement sur des opérateurs nationaux structurés pour mener ces opérations de rachat. Ces derniers travailleront en synergie avec les broyeurs et les exportateurs internationaux pour sécuriser l’évacuation des fèves vers les ports et les usines de transformation.
Protéger le revenu des producteurs
Au-delà de la logistique, cette mesure vise à contrer la pression des flux transfrontaliers. Des pays limitrophes, pratiquant des prix inférieurs à ceux de la Côte d’Ivoire, tentent d’écouler leurs produits sur le marché ivoirien, déstabilisant davantage la filière locale. En réponse, le dispositif de surveillance aux frontières a été renforcé.
Le ministre a conclu son intervention en rassurant les agriculteurs : la situation est « désormais sous contrôle ». Il a exigé le respect strict du prix de 2 800 FCFA/kg fixé par le président Alassane Ouattara, garantissant que les premières opérations d’enlèvement produiront des effets concrets sur le terrain dans les jours à venir.
Avec cette injection de 280 milliards de FCFA, la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, réaffirme son engagement à protéger le pouvoir d’achat de ses millions de producteurs de cacao, pilier de l’économie nationale.
AP/APA







