Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principale formation de l’opposition ivoirienne, est de nouveau en pleine zone de turbulence. La haute direction du parti a annoncé en urgence la convocation d’un Bureau politique pour ce samedi 25 juillet 2026.
L’objectif de la réunion extraordinaire, convoquée ce samedi par le PDCI, est crucial : sceller des décisions majeures afin de maintenir Tidjane Thiam à la présidence du parti, alors qu’une nouvelle offensive judiciaire menace directement son fauteuil.
Cette crise interne est déclenchée par Charles Tchétché, un membre du PDCI qui a officiellement saisi la justice ivoirienne. Ce dernier reproche à Tidjane Thiam de ne pas respecter une clause statutaire essentielle : l’obligation de justifier de dix ans de présence continue au sein du bureau politique pour pouvoir briguer la présidence de la formation.
S’il est prouvé que l’ancien CEO de Crédit Suisse, porté à la tête du parti après le décès du président Henri Konan Bédié, ne remplit pas cette condition décennale, il risque la déchéance politique, tandis que le parti pourrait être placé sous administration provisoire par la justice.
Le Bureau politique de ce samedi aura la lourde tâche de dénouer cet imbroglio juridique. Parallèlement, le parti et son collège d’avocats s’activent pour prouver devant les tribunaux la pleine légitimité de leur leader au regard des textes en vigueur.
Cet épisode met en lumière la guerre de leadership latente qui fait rage pour le contrôle de l’appareil politique. Cette instabilité chronique fragilise le plus vieux parti de Côte d’Ivoire, qui a pourtant besoin de cohésion interne pour aborder en rangs serrés l’échéance cruciale de la présidentielle de 2030.
Ce scénario rappelle étrangement les événements de 2025. À l’époque, sous la menace d’un verdict judiciaire imminent suite à une plainte de Valérie Yapo, le parti avait déjà dû convoquer un Bureau politique d’urgence.
Cette démarche avait été suivie d’un 9e congrès extraordinaire au cours duquel Tidjane Thiam avait été réélu. Il lui était alors reproché d’avoir accédé à la présidence tout en détenant la nationalité française. Une fois de plus, le PDCI doit faire face à ses démons procéduraux pour préserver l’avenir politique de son chef.
AP/Sf/APA







