Le vice-président de la République de Côte d’Ivoire, Meyliet Tiémoko Koné, a procédé ce jeudi 29 octobre 2026 à l’ouverture officielle de la 14ème édition de la CGECI Academy. Ce forum majeur du patronat ivoirien se déroule sur deux jours à Abidjan autour du thème : « Capital humain, levier stratégique pour l’Afrique ».
Dans son discours inaugural, Meyliet Koné a souligné que le développement du capital humain constitue l’un des fondements essentiels de la transformation économique et sociale du continent. Selon lui, l’efficacité des investissements et des réformes structurelles dépend avant tout des compétences des femmes et des hommes qui les mettent en œuvre.
Pour relever les défis de demain, les économies africaines devront s’appuyer sur des compétences techniques, scientifiques et managériales de plus en plus diversifiées. Meyliet Koné a notamment insisté sur l’appropriation des nouveaux outils technologiques pour renforcer les capacités d’innovation, une ambition qui nécessite l’implication conjointe des pouvoirs publics, des scientifiques, des universitaires et des étudiants.
Un investissement stratégique plutôt qu’une dépense sociale
Le vice-président a profité de cette tribune pour dresser un bilan des politiques ivoiriennes. Depuis 2011, les programmes nationaux appuyés par le secteur privé et les partenaires financiers ont permis de créer plus de 1,4 million d’emplois formels, dont 84 % (1,2 million) au sein du secteur privé. Cette trajectoire sera intensifiée via le Programme Jeunesse du Gouvernement 2026-2030, qui ambitionne d’impacter plus de 5 millions de jeunes.
Ahmed Cissé, président de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), s’est réjoui de la forte mobilisation des chefs d’entreprises et des délégations de patronats venus du Bénin, du Togo, du Burkina Faso, de la Guinée, du Maroc, du Sénégal, ainsi que du MEDEF pour la France.
La cérémonie d’ouverture de la 14ème édition de la CGECI Academy a également enregistré la présence notable de Michel Djombo, ministre du Développement industriel, des Zones économiques spéciales et de la Promotion du Secteur privé de la République du Congo.
« Après avoir exploré le rôle des services en 2024 et la souveraineté économique en 2025, nous mettons cette année l’accent sur le capital humain, avec une conviction simple : il ne peut y avoir de souveraineté durable sans compétences solides, ni de services performants sans talents », a déclaré Ahmed Cissé.
Ahmed Cissé a invité « chacun à repenser la place du capital humain dans la performance des entreprises et la compétitivité de nos économies », martelant que « pendant des décennies, on a mesuré la valeur de ce continent en barils de pétrole, en tonnes de cacao ou de minerais, oubliant que sa première richesse n’est pas dans son sous-sol, mais dans sa jeunesse. »
Le savoir-faire humain, socle de la transformation africaine
Le défi reste de taille sur un continent où près de 60 % de la population a moins de 25 ans. Alors que 10 à 12 millions de jeunes entrent chaque année sur le marché du travail en Afrique, seuls 3 millions d’emplois formels sont créés, selon la Banque mondiale et la BAD.
Ahmed Cissé appelle donc à percevoir le capital humain non pas comme une dépense sociale, mais comme un investissement stratégique, au même titre que les infrastructures physiques.
Représentant le ministre du Commerce et de l’Industrie, le ministre ivoirien des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a souligné que la CGECI Academy illustre la vitalité et l’importance du dialogue permanent entre l’État et le monde des affaires.
Il a affirmé que « le véritable enjeu n’est pas seulement de disposer de ressources, mais de posséder les compétences nécessaires pour les valoriser. Il nous faut passer d’une économie largement fondée sur l’exportation de matières premières à une économie qui transforme davantage, développe des entreprises compétitives et génèrent des emplois durables ».
Bien que retenu à l’étranger par des impératifs d’agenda, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair est intervenu à distance par visioconférence. Saluant la vitalité démographique de la Côte d’Ivoire, dont les trois quarts de la population ont moins de 25 ans, il a insisté sur la nécessité absolue d’aligner les systèmes de formation sur les besoins réels de l’emploi, exhortant les gouvernements à en faire une priorité absolue.
AP/APA





