La Côte d’Ivoire et le groupe brésilien PETROBRAS franchissent une nouvelle étape dans la valorisation du bassin sédimentaire ivoirien. Réunis ce jeudi 17 septembre 2026 à Abidjan, les responsables ivoiriens et brésiliens ont procédé à la signature de huit Contrats de Partage de Production (CPP) portant sur les blocs CI-513, CI-600, CI-601, CI-602, CI-603, CI-605, CI-701 et CI-702.
Présentée comme une première dans l’histoire du bassin sédimentaire national, cette opération confie simultanément huit blocs à un même opérateur. Le processus a débuté en mars 2025, lors de la campagne de promotion du bassin ivoirien organisée à Houston, en marge de la conférence CERAWeek.
Le 30 mai 2025, PETROBRAS a officiellement manifesté son intérêt pour ces huit blocs, situés principalement dans la partie ouest du bassin, en eaux profondes et dans des zones encore peu explorées, avec une profondeur variant entre 1 500 et 4 000 mètres de colonne d’eau.
Selon le directeur général des Hydrocarbures, Bienvenu Esse, les contrats, validés le 3 juin 2026, prévoient une première période de deux à trois ans consacrée à l’achat, au retraitement et à l’interprétation des données sismiques existantes, ainsi qu’aux études géologiques.
Les deuxième et troisièmes périodes, d’une durée de trois à quatre ans, incluent l’acquisition de 4 491 km² de données sismiques 3D et la réalisation de plus d’une dizaine de forages. Le ministre ivoirien des Mines, du pétrole et de l’énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly évoque, pour la première phase d’engagement, un investissement de plus de 250 milliards de FCFA, destiné notamment aux données sismiques de dernière génération et à au moins huit forages en eaux très profondes.

Sur le plan financier, les huit contrats prévoient un bonus de signature de 24 millions de dollars. La compagnie nationale PETROCI dispose d’une participation initiale de 10 %, assortie d’une option payante de 15 % supplémentaire, pouvant porter sa part à 25 % en cas de découverte.
PETROBRAS détient, pour sa part, 90 % des parts et assure le rôle d’opérateur, comme l’a précisé dans son discours Sylvia Maria Couto dos Anjos, directeur de l’Exploration et de la Production de la compagnie.
En cas de découverte, le partage de la production après recouvrement des coûts prévoit 62,5 % des volumes pour la partie ivoirienne contre 37,5 % pour PETROBRAS, suivant les mécanismes progressifs définis dans les accords.
Le gouvernement met également en avant les perspectives en matière de contenu local, de transfert de compétences, de création d’emplois et de développement des entreprises ivoiriennes intervenant dans la chaîne de valeur des hydrocarbures.
Pour Sylvia Maria Couto dos Anjos, ces huit blocs représentent environ 34 000 km² et traduisent un engagement à long terme de PETROBRAS en Côte d’Ivoire. La compagnie entend mobiliser ses 70 ans d’expérience, ses technologies et ses compétences dans l’exploration et la production offshore, notamment en eaux profondes et ultra-profondes.
Elle a également insisté sur la complémentarité entre l’expertise internationale de son groupe et la connaissance du bassin détenue par la PETROCI, dans une logique de collaboration et de partage des connaissances.
De son côté, Mamadou Sangafowa-Coulibaly voit dans cette opération une étape majeure de la coopération énergétique bilatérale. Il a rappelé les liens historiques unissant les deux pays, notamment à travers le Traité d’amitié et de coopération de 1979, ainsi que leurs complémentarités géologiques liées à leur histoire commune avant la séparation de l’Afrique et de l’Amérique du Sud.

L’expérience de PETROBRAS dans le bassin de Santos et dans l’exploitation des ressources pré-sel sera notamment mise à profit sur les blocs ivoiriens. Cette signature intervient dans un contexte d’élargissement des relations économiques entre Abidjan et Brasilia.
Le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a rappelé les initiatives engagées ces dernières années, notamment l’accord de coopération signé en 2025 entre le CEPICI, le Guichet unique de l’investissement en Côte d’Ivoire, et APEX Brasil, la participation du Brésil au Sommet de l’Élevage d’Abidjan en 2024 et la tenue du premier Forum d’affaires Côte d’Ivoire-Brésil en février 2025.
Avec l’intégration de ces huit nouveaux blocs, le taux d’occupation du bassin sédimentaire ivoirien atteint désormais 75 %, soit environ 63 000 km² couverts par des activités de production, d’évaluation et d’exploration. Le gouvernement entend poursuivre cette dynamique jusqu’à l’occupation progressive de l’ensemble du bassin.
Au-delà du secteur pétrolier et gazier, les autorités ivoiriennes souhaitent faire de ce partenariat un levier pour renforcer les échanges avec le Brésil dans l’agriculture, l’agro-industrie, l’élevage, les services et la logistique.
Pour l’ensemble des intervenants, la signature de ces huit CPP marque le début d’une nouvelle phase : celle d’une exploration offshore plus intensive, doublée d’un approfondissement de la coopération économique et énergétique entre la Côte d’Ivoire et le Brésil.
AP/APA





