A l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux du Front populaire ivoirien (FPI, opposition), Pascal Affi N’Guessan, le leader du parti, a levé samedi le voile sur les raisons de sa non-participation aux législatives du 27 décembre 2025.
Entre volonté de renouvellement et réquisitoire sévère contre ses pairs de l’opposition, l’ancien Premier ministre ivoirien, Pascal Affi N’Guessan, le président du FPI (opposition), ne mâche pas ses mots.
L’absence du leader du FPI sur les listes électorales avait alimenté toutes les rumeurs. Était-ce une peur de l’échec ou un retrait définitif ? Affi N’Guessan a tranché : il s’agit d’un acte politique délibéré.
Saluant la victoire de son successeur, Bernard Diby Kokora, dans la circonscription de Bongouanou, il a martelé sa foi en la transmission. « Le temps était venu de permettre la relève. On est attaché au renouvellement ou on est prisonnier des honneurs », a-t-il déclaré, réaffirmant son opposition viscérale au cumul des mandats.
Le président du FPI a profité de cette tribune pour dresser un bilan sombre de l’unité de l’opposition. Rappelant son appel de l’an dernier au rassemblement, il a déploré l’incapacité des leaders de l’opposition à dépasser leurs « egos ».
Pour lui, l’éparpillement entre le PPA-CI, le parti de Laurent Gbagbo, le PDCI et d’autres coalitions a mené au désastre. « Nous avons échoué sur toute la ligne. Nos capacités morales n’ont pas été à la hauteur des défis », a-t-il martelé.
Le ton s’est durci à l’évocation du pouvoir en place. Affi N’Guessan dénonce un « régime RHDP » qui, selon lui, s’installe dans une dérive autoritaire et un « tournant dynastique ».
« Les institutions étatiques sont prises en otage par le clan au pouvoir, qui se maintient et prospère par le détournement et le recyclage des ressources publiques. Le détournement et le blanchiment sont le fondement de l’existence du clan au pouvoir », a-t-il dit.
« Leurs avoirs sont alimentés par plusieurs sources : des pots-de-vin dans les négociations de contrats publics ; des commissions dans la signature de marchés publics ; le racket, le trafic d’influence dans les prestations de service public », a ajouté M. Affi.
Face à ce qu’il qualifie de règne du « maître absolu », le leader du Front populaire ivoirien appelle à une « révolution des mentalités » pour l’année 2026. L’objectif affiché est clair : libérer le pays de la résignation.
Pour Pascal Affi N’Guessan, l’alternance n’est pas une faveur accordée par le pouvoir, mais un droit que les Ivoiriens doivent se réapproprier par un engagement politique lucide et une stratégie enfin clarifiée.
AP/Sf/APA





