L’Afrique du Sud a ouvert à la consultation publique une version révisée de sa politique de tarification de l’électricité, avec notamment une trajectoire tarifaire sur dix ans, des règles davantage fondées sur les coûts réels et un renforcement des mécanismes de protection des ménages vulnérables.
Le Cabinet a approuvé le mois dernier cette politique, qui actualise le cadre adopté en 2008 pour l’adapter aux profondes transformations engagées dans le secteur électrique, notamment la réforme d’Eskom et les dispositions de la loi de 2024 portant modification de la réglementation de l’électricité.
Le ministre de l’Électricité, Kgosientsho Ramokgopa, a relevé que les tarifs ont progressé de près de 977 % depuis 2007, soulignant l’urgence d’améliorer la prévisibilité, la transparence et l’efficacité du système tarifaire.
Dans le nouveau dispositif, le Régulateur national de l’énergie d’Afrique du Sud (NERSA) devra établir une trajectoire tarifaire sur dix ans destinée à donner davantage de visibilité aux investisseurs et aux entreprises, notamment dans les secteurs fortement consommateurs d’électricité.
La politique fixe également des principes nationaux destinés à garantir des tarifs transparents et efficients. Elle prévoit notamment d’empêcher que certains coûts qui ne relèvent pas directement de la fourniture d’électricité, comme le recouvrement des dettes municipales, soient répercutés sur les consommateurs.
Les autorités entendent parallèlement renforcer la lutte contre les impayés et les raccordements illégaux, alors que ces pratiques continuent de peser sur la viabilité financière du secteur.
Ces mesures s’inscrivent dans la transformation du marché électrique sud-africain, avec la volonté de réduire progressivement le monopole historique d’Eskom. Le gouvernement autorise notamment les accords bilatéraux entre producteurs et acheteurs d’électricité et prépare la mise en place d’un marché de gros plus concurrentiel.
La réforme accorde également une place importante à la protection sociale. Le gouvernement prévoit de moderniser le système d’administration de l’électricité gratuite de base grâce à une base de données nationale connectée aux systèmes de prestations sociales, afin de mieux identifier les ménages éligibles et de garantir leur accès aux aides.
Le mécanisme d’accords tarifaires négociés doit par ailleurs être élargi aux industries susceptibles de contribuer à la croissance économique et à la création d’emplois, au-delà des seuls secteurs énergivores confrontés à des difficultés.
« Le soutien que nous apportons aux pauvres, aux personnes démunies et aux populations vulnérables sera défini de la manière la plus complète possible », a déclaré M. Ramokgopa, estimant qu’une amélioration de l’efficacité du système d’approvisionnement devrait contribuer à contenir les coûts pour les consommateurs.
Les observations recueillies auprès du public permettront au gouvernement de finaliser la politique, qui doit accompagner la transition vers un marché électrique plus ouvert et concurrentiel, tout en cherchant à préserver l’accès à l’électricité des ménages les plus vulnérables.
JN/lb/te/APA







