La Côte d’Ivoire qui connaît un important déficit en matière de production halieutique (800 000 t de produits importés), a lancé ce vendredi 1er août 2025, avec la FAO, un Projet d’appui à la mise en œuvre de la feuille de route pour la transition vers l’économie bleue, lors d’un atelier.
L’atelier, organisé à l’initiative de la FAO, a lieu après l’élaboration de politiques et stratégies sur l’économie bleue en Côte d’Ivoire, avec l’appui financier de la Banque africaine de développement (BAD). Il vise à déterminer des leviers et projets en vue de booster l’économie bleue. Le déficit du secteur n’étant comblé que grâce aux importations, en dépit du potentiel.
M. Abou Bamba, conseiller spécial du président de la République, chargé de l’Environnement, des océans et de Abidjan legacy program, a partagé avec les participants que la Côte d’Ivoire a importé « 800 000 tonnes de poissons en 2024 ».
« C’est énorme, ce n’est pas bon pour notre balance des paiements, ce n’est pas bon pour l’économie, ce n’est pas bon non plus pour le coût de la vie », a-t-il dit, ajoutant qu’« on importe près de 88% de nos besoins en consommation de poissons. »
La coordinatrice résidente du système des Nations Unies en Côte d’Ivoire, Mme Hélène N’Garnim-Ganga, a indiqué que l’opérationnalisation de la feuille de route nationale de l’économie bleue, vise à garantir la sécurité alimentaire et à développer l’économie.
« La transition vers l’économie bleue est une exigence stratégique pour renforcer la résilience des populations côtières, et promouvoir un développement durable en harmonie avec les écosystèmes marins », a-t-elle déclaré.
Mme Hélène N’Garnim-Ganga a relevé que cette feuille de route vise également à mobiliser les investissements publics et privés en faveur de l’économie bleue et à en faire un levier de diversification de l’économie nationale.
Ce secteur est transversal, parce qu’il touche à la pêche, à l’environnement, à la formation, à la gouvernance locale, et à l’innovation, d’où il nécessite une cohésion d’actions entre les ministères, les collectivités, les entreprises, les chercheurs et les communautés, a-t-elle fait observer.
La vision de l’Etat, selon M. Assoumany Gouromenan, directeur de cabinet du ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH), « c’est une Côte d’Ivoire riche de ses écosystèmes aquatiques, continentaux et marins, utilisés de manière durable et résilients au changement climatique, pourvoyeurs de ressources, d’emplois et de bien-être pour la population.»
« Il s’agit d’engager le pays vers l’économie bleue afin de valoriser durablement les océans et les espaces aquatiques continentaux et littoraux pour en faire une source majeure de ressources nationales », a ajouté le directeur de cabinet du MIRAH.
Conformément à cette vision, le ministère des Ressources animales et halieutiques, grâce au financement de la BAD, et à l’appui technique de la FAO, a produit une série de documents pour la promotion de l’économie bleue en Côte d’Ivoire.
Dans cet élan, le ministère a élaboré un Cadre stratégique pour la promotion de l’économie bleue, un Plan national d’investissement de l’économie bleue, un Programme de développement de l’économie bleue et la Feuille de route pour la transition vers l’économie bleue.
« La feuille de route que nous avons adoptée avec l’ensemble des parties prenantes, vise à ajuster le fonctionnement de l’administration concernée par l’économie bleue (…) afin de maximiser les synergies. », a-t-il poursuivi.
M. Joseph Neymah, représentant résident de la FAO en Côte d’Ivoire, a en marge de l’atelier, fait savoir que « la FAO a mis sur la table un financement de 300 000 dollars américains (170,34 millions Fcfa) pour soutenir le gouvernement » ivoirien.
AP/Sf/APA







