Réuni en session ordinaire, ce samedi 24 janvier 2026, le Comité central du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a réaffirmé son soutien indéfectible à Laurent Gbagbo. Entre préoccupations sociales et urgence humanitaire pour les prisonniers politiques, le parti se met en ordre de bataille.
Le siège du cabinet de Laurent Gbagbo a refusé du monde ce samedi. Pour cette première session ordinaire de l’année, élargie aux présidents d’organes et de commissions, l’enjeu était de taille : définir le cap du parti dans un contexte national de plus en plus sous tension.
L’information majeure de ce sommet est sans conteste le refus catégorique de la base de voir Laurent Gbagbo quitter la présidence du parti. Examinant le rapport de la tournée nationale effectuée en décembre 2025, le Comité Central a « endossé les conclusions et recommandations de la base qui s’est fermement opposée au départ de Laurent Gbagbo de la tête du parti dans le contexte actuel ».
Pour les militants, le leadership de l’ancien président ivoirien demeure le rempart indispensable face aux défis politiques à venir. Laurent Gbagbo avait annoncé qu’il quitterait la présidence de son parti, le PPA-CI, après les législatives du 27 décembre 2025.
Alors que le PPA-CI avait décidé de ne pas participer aux dernières élections législatives, certains militants ont choisi de passer outre cette consigne en se présentant en indépendants. La réaction de Gbagbo a été immédiate et sans équivoque : les contrevenants sont traduits devant le Conseil de discipline.
« Celui qui n’apprend pas, dans l’opposition, à se conformer aux règles établies par les statuts de son Parti, ne respectera pas la Constitution et les lois de la République quand il arrivera au pouvoir », a martelé le président du PPA-CI, érigeant la discipline interne en véritable test de crédibilité démocratique.
Sur le plan national, Laurent Gbagbo s’est dit « profondément préoccupé et inquiet ». Le diagnostic posé par le parti est sombre : mévente du cacao, augmentation de la TVA sur les produits de première nécessité, chômage chronique et déguerpissements intempestifs.
Le PPA-CI dénonce, par ailleurs, une « gestion patrimoniale du pouvoir » qui aggrave, selon lui, la précarité des Ivoiriens. Le volet humanitaire a occupé une place centrale lors des échanges. Selon la Coordination de l’Initiative pour la libération des prisonniers d’opinion (ILPO), le parti compterait aujourd’hui près de 1 600 détenus d’opinion.
Face à ce qu’il qualifie de situation inédite dans l’histoire du pays, le PPA-CI intensifie sa solidarité. L’opération « Je donne 1 000 francs CFA pour les prisonniers politiques » se poursuit sur le terrain afin de garantir un soutien juridique, médical et financier aux militants incarcérés.
Cette session a jeté les bases du futur premier Congrès ordinaire du PPA-CI. Si la date exacte reste à être finalisée, l’objectif est clair : restructurer le mouvement pour en faire une machine électorale capable de répondre aux aspirations des populations dès que les conditions de transparence seront réunies.
En maintenant Laurent Gbagbo à sa tête et en sanctionnant les indisciplinés, le PPA-CI envoie un message de cohésion et de fermeté à ses adversaires politiques.
AP/Sf/APA







