Le Parc des expositions d’Abidjan a vibré, du 17 au 19 septembre 2026, au rythme de la 5ᵉ édition du Salon des Infrastructures d’Abidjan (SIA). Organisé par le Groupement ivoirien du bâtiment et des travaux publics (GIBTP), ce grand rendez-vous sectoriel met en lumière les mutations profondes du secteur de la construction.
Entre digitalisation, économie circulaire, efficacité énergétique et formation, les professionnels de la région redéfinissent les contours d’un BTP moderne et durable. Parmi les acteurs majeurs de cet événement, l’entreprise PORTEO BTP apporte son expertise et témoigne des nouvelles réalités du terrain face à des projets d’infrastructures de plus en plus complexes.
Longtemps associé à des opérations essentiellement physiques, le chantier devient progressivement un environnement où la donnée occupe une place croissante. La conception numérique des ouvrages, les outils de suivi, les systèmes d’information géographique ou encore la dématérialisation des procédures permettent aujourd’hui de mieux documenter les projets et de faciliter la coordination entre les acteurs.
La donnée au cœur du chantier de demain
Cette évolution est au centre des débats de ce salon, notamment à travers le panel « Digitalisation et transformation numérique du BTP en Afrique : Défis et opportunités ». Pour Gérard Kouassi, directeur général de PORTEO BTP et vice-président du GIBTP, le numérique s’impose dans le secteur.
« Le numérique est devenu une condition de performance pour le BTP : productivité, maîtrise des coûts, respect des délais, transparence », souligne le dirigeant. L’enjeu se situe désormais dans la démocratisation de ces outils, avec une attention particulière portée à l’accès des PME aux technologies et le développement des compétences nécessaires.
Au-delà de la technologie, le SIA met l’accent sur la transformation des pratiques environnementales. Les professionnels examinent de près les pistes du réemploi, du recyclage et de la valorisation des matériaux. Deux panels majeurs structurent ces échanges : l’un dédié à l’économie circulaire et la gestion des déchets, l’autre axé sur la gestion durable des ressources et l’efficacité énergétique.
Cette approche redéfinit la notion même de performance dans le secteur. Désormais, la réussite d’un projet ne dépend plus uniquement du respect des délais et du budget. Elle intègre la façon dont les matériaux et l’énergie sont optimisés, ainsi que l’empreinte globale du chantier sur l’environnement.
Le défi des compétences et de la formation
Cette modernisation rapide impose un renouvellement des profils et une mise à niveau des équipes. Les nouveaux outils numériques et les exigences écoresponsables demandent des compétences adaptées. Le salon y répond en consacrant un volet important à la formation professionnelle, porté par les sessions du GIBTP et l’initiative « SIA Talents ».
Pour les entreprises, l’enjeu est double : adopter de nouvelles méthodes de travail tout en préparant les équipes à les maîtriser, dans un contexte où la technicité, la qualité, la sécurité et l’environnement sont indissociables.
La transformation du BTP dépasse les frontières ivoiriennes pour s’inscrire dans une dynamique continentale. Opérant dans plusieurs pays à travers ses activités dans les infrastructures, la construction, l’industrie ou l’aménagement, ce groupe panafricain fait face à cette problématique commune : accompagner le développement des territoires avec des infrastructures adaptées aux nouvelles réalités technologiques.
Le SIA 2026 montre ainsi un secteur qui ne cherche plus seulement à construire davantage, mais à mieux concevoir et mieux produire. Le salon pose finalement une question de fond : comment faire du numérique, de la gestion responsable des ressources et des compétences les piliers d’un BTP africain capable de répondre durablement aux besoins de développement du continent.
AP/APA





