Le National Democratic Institute (NDI) a projeté, mercredi, à Abobo, une commune populaire dans le Nord d’Abidjan, un film documentaire retraçant le vécu et les expériences de certaines victimes des crises électorales, afin d’inviter les populations à éviter la violence.
Cette sensibilisation du NDI qui se tient en prélude à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, se déroule dans un climat de tension politique. L’opposition dénonce « l’exclusion » de ses leaders à ces joutes électorales.
L’événement s’inscrit dans le cadre de son programme « Promouvoir la paix et la participation politique aux élections ». Il a réuni environ 250 participants issus des communautés des différents quartiers d’Abobo, ainsi que des organisations et associations basées dans la commune.
Selon M. François Traoré, le directeur résident du NDI, cette tournée vise à sensibiliser les populations à la non-violence, mais également à renforcer la cohésion et la cohabitation pacifique autour des valeurs d’humanisme et de compassion.
M. François Traoré a fait observer que la période électorale, surtout la présidentielle, est une compétition qui est « engagée ». Dans cette compétition, « il y en a qui vont pour maintenir le pouvoir, d’autres vont chercher à l’arracher. »
Malheureusement, en Côte d’Ivoire, la conquête de ce pouvoir « engendre des tensions, des frottements qui, lorsqu’on n’arrive pas à les gérer, mène à la violence et souvent à la guerre. Toute chose que le NDI et les populations ne veulent plus », a-t-il déclaré.
Les échanges ont été organisés autour d’un film documentaire de 20 minutes, réalisé après la présidentielle de 2020 et les événements qui se sont produits à Daoukro, M’Bahiakro, Bongouanou, dans les zones de l’Est, mais aussi à Dabou ou à Bonoua, et qui ont meurtri beaucoup de familles.
Pour sa part, M. Casimir Louamé Veh, conseiller municipal, représentant le maire d’Abobo, Mme Kandia Camara, a rappelé que le pays est actuellement à un moment « crucial » avec les élections présidentielles, soutenant que « sans paix et sans cohésion, il est impossible d’avoir une élection apaisée. »
Le film projeté raconte le vécu et les expériences de certaines victimes des crises électorales passées. Il comprend des témoignages qui sensibilisent à la non-violence, à la tolérance et à la paix. Les victimes expliquent comment elles ont réussi à surmonter les épreuves.
La séance d’échanges a permis aux participants de poser des questions de clarification, de recueillir leurs impressions et remarques, mais aussi de se prononcer sur leur attitude et/ou leur contribution au sein de leur communauté en relation avec le film.
Dans leurs interventions, les participants ont reconnu la nécessité de promouvoir la paix et ont appelé les leaders politiques « à prôner la paix, à savoir s’exprimer et apaiser les populations, surtout lors des meetings. »
M. Tuo Yacouba, représentant la ministre de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté, Mme Myss Belmonde Dogo, a souligné que le film projeté est une « interpellation » à l’endroit des populations d’Abobo, et particulièrement de sa jeunesse.
Par ailleurs, M. Tuo Yacouba a exhorté les jeunes et les populations à faire attention aux « fake news », car « il y va de leur intérêt, de leur avenir, mais aussi du développement de la Côte d’Ivoire », tout en étant tolérant dans leur attitude.
La rencontre s’est achevée par un exercice soumis aux participants. L’approche ludique et didactique les a instruits sur la nécessité de préserver la paix, qui est un déterminant social fragile et difficile à reconstruire lorsque les équilibres sociaux sont perturbés.
Cette activité de sensibilisation du NDI a débuté en septembre pour s’achever durant ce mois électoral d’octobre. Elle s’est déroulée dans plusieurs communes d’Abidjan, notamment à Anyama, à Koumassi, à Port-Bouët et à Yopougon.
AP/Sf/APA







