À l’occasion du lancement des festivités du 80e anniversaire du PDCI-RDA, Tidjane Thiam s’est adressé ce mardi 9 avril 2026, aux militants, depuis l’extérieur. Entre rappel historique et projection vers les échéances futures, le président du plus vieux parti de Côte d’Ivoire a livré un message de rassemblement et de fermeté.
C’est par visioconférence que le président du PDCI, Tidjane Thiam, a choisi de s’adresser, durant un quart d’heure, à un auditoire de prestige réuni au siège du parti, à Abidjan, pour commémorer une date charnière : le 9 avril 1946, jour de la naissance officielle du PDCI-RDA.
L’événement a pris une dimension républicaine notable avec la présence de Cissé Ibrahima Bacongo, gouverneur du District d’Abidjan et secrétaire exécutif du RHDP (pouvoir), représentant le chef de l’État Alassane Ouattara, un geste salué avec force par Tidjane Thiam.
Cela « honore notre parti et nous en sommes reconnaissants. Ce geste ne peut que contribuer à améliorer le climat politique de notre pays », a déclaré le leader du PDCI, Tidjane Thiam, qui se veut respectueux des institutions républicaines.
La cérémonie a également vu la participation de figures majeures de l’opposition, notamment l’ex-Première dame Simone Ehivet (MGC) et Danielle Boni Claverie (URD), ainsi que les hauts cadres du parti, dont le doyen Émile Constant Bombet, coordonnateur des vice-présidents.
L’héritage houphouëtiste face aux épreuves
Revenant sur les huit décennies de son parti, Tidjane Thiam a décrit le PDCI comme la « matrice de la Côte d’Ivoire moderne ». De la création du syndicat agricole en 1944 par Félix Houphouët-Boigny jusqu’à l’indépendance en 1960, il a vanté un bilan marqué par la « stabilité légendaire » et un système éducatif d’excellence.
Évoquant les crises successives (2000, 2002, 2010, 2020), le président du PDCI a rappelé que sa formation a toujours défendu la légalité constitutionnelle. Il a toutefois jeté un regard critique sur l’alliance passée au sein du RHDP.
« Le président Bédié avait pensé qu’un parti unifié sera un gage de stabilité et de paix durable pour notre pays, d’où la création du RHDP, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix, malheureusement cette vision n’a pas porté les fruits qu’on aurait pu en attendre », a-t-il rappelé.
Porté à la tête du parti en décembre 2023 après le décès d’Henri Konan Bédié en août 2023, Tidjane Thiam affiche une dynamique de victoire. Avec plus de 19 000 nouvelles adhésions enregistrées en 2024, il y voit un « désir d’alternance chez les Ivoiriens » en quête d’une société plus équitable.
Aux militants, gagnés parfois par le découragement face à la crise interne et aux attaques en justice, Tidjane Thiam a insisté que « notre parti a une histoire et un héritage riche, nous sommes résilients (…) nos valeurs sont celles de l’unité, de la paix et de la cohésion ».
Cap sur 2030 : restructuration et conquête de la jeunesse
« Je voudrais rassurer les uns et les autres que notre parti a une vision pour les fils et les filles de ce pays. Notre parti est mobilisé. Sur le plan interne au parti, nos priorités sont claires : nous devons anticiper les futures élections locales comme présidentielle à travers des comités élargis », a-t-il dit.
« Nous devons poursuivre et renforcer le dialogue interne afin de nous accorder sur l’essentiel. Nous devons engager des actions pour renouveler et renforcer notre implantation, surtout parmi les jeunes (75% de la population) », a-t-il déclaré.
Le parti traverse des dissensions internes
Tidjane Thiam entend préparer les scrutins locaux et l’élection présidentielle de 2030, en modernisant et restructurant l’appareil du parti, tout en renforçant l’implantation du PDCI à travers le pays. Actuellement hors du pays, certains militants souhaitent qu’il rentre au pays.
Sur le plan diplomatique, Tidjane Thiam a tenu à rassurer les pays voisins, affirmant que le PDCI reste un parti d’ouverture, prêt à s’adapter aux mutations sociales et psychologiques du continent africain pour un changement de paradigme.
Me Blessy Chrysostome, le président du groupe parlementaire du PDCI, a proposé, dans une allocution, l’institution d’une instance chargée de la médiation et de la réconciliation au regard des crises internes qui peuvent fragiliser le pays lors des futures joutes électorales.
AP/Sf/APA







