Le président tunisien Kaïs Saïed appelle la télévision nationale à revoir son discours, sur fond de tensions persistantes avec le secteur médiatique.
Une nouvelle prise de position du chef de l’État tunisien met en lumière ses relations tendues avec les médias publics. Lors d’une cérémonie d’hommage à l’ancien président Habib Bourguiba, Kaïs Saïed a publiquement critiqué la télévision nationale, l’exhortant à «être au rendez-vous avec l’histoire» et à «changer de discours», sans toutefois préciser les éléments visés.
Dans le prolongement de cette intervention, le président a également dénoncé ce qu’il a qualifié de «propagande trompeuse», appelant les responsables de la chaîne publique à adapter leurs contenus aux attentes des Tunisiens. Il a affirmé que «certains concepts de la télévision nationale sont caducs» et ne correspondent plus aux attentes de la population, sans fournir d’exemples concrets ni détailler les réformes attendues.
Ces déclarations s’inscrivent dans une série de critiques récurrentes formulées par Kaïs Saïed à l’encontre des médias étatiques depuis plusieurs mois. Le chef de l’État a, à plusieurs reprises, insisté sur la nécessité d’un discours médiatique qu’il juge plus aligné avec les priorités nationales, dans un contexte politique marqué par une centralisation accrue du pouvoir exécutif.
En parallèle, le climat médiatique en Tunisie continue de susciter des préoccupations au sein de la profession. L’absence de délivrance des cartes de presse pour l’année 2026, conjuguée à une communication limitée entre les autorités et les journalistes, alimente les interrogations sur les conditions d’exercice du métier.
Dans le même mouvement, plusieurs observateurs évoquent un retour de pratiques d’autocensure dans certains médias, en lien avec un environnement perçu comme plus sensible pour les professionnels de l’information. Aucun chiffre officiel récent n’a toutefois été publié par les autorités tunisiennes pour documenter l’évolution de ces dynamiques.
MK/AK/Sf/APA






