Khalid Haftar multiplie les initiatives de rapprochement entre l’Est et l’Ouest libyens, avec la formation annoncée d’une nouvelle force commune chargée de la lutte contre le terrorisme et l’immigration illégale.
Le chef d’état-major des forces armées de Khalifa Haftar, basé dans l’est de la Libye, Khalid Haftar, a rencontré lundi plusieurs dirigeants militaires et sécuritaires de Misrata, bastion de l’Ouest, pour convenir de la création d’une « force conjointe chargée de lutter contre le terrorisme et l’immigration illégale », selon un communiqué relayé par Khalid Al-Mahjoub, directeur de l’orientation morale des forces de Haftar. La rencontre a également abouti à un accord visant à « mettre fin à l’escalade médiatique » entre factions rivales, perçue comme nuisible aux « intérêts du peuple libyen ».
Al-Mahjoub a précisé que cette rencontre s’inscrit dans une démarche de réconciliation interne menée « à l’abri de toute ingérence étrangère », alors que les tensions persistent entre le commandement de l’est et les groupes armés de l’ouest. Selon lui, Khalid Haftar a insisté sur la nécessité de bâtir un « pont de communication » durable entre les régions, soulignant que la ville de Misrata « conserve un rôle central dans la stabilité nationale » et une capacité à « contrecarrer toute tentative de division ».
Lors d’une autre réunion dimanche avec les notables de la région centrale, Khalid Haftar avait déjà appelé à « unir les efforts pour enrayer l’aggravation de la crise politique et sécuritaire » que traverse la Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Le fils du maréchal ambitionne de se poser en interlocuteur incontournable pour une éventuelle réunification des institutions militaires du pays, paralysées depuis plus d’une décennie.
Cependant, l’Agence de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme a démenti lundi toute participation de ses représentants à une « prétendue réunion » à Syrte, en référence à celle rapportée entre les commandants de Misrata et Khalid Haftar. Elle a qualifié ces informations de « rumeurs sans fondement », précisant qu’il s’agissait de « comportements individuels » non représentatifs de l’institution.
Dans un communiqué, l’agence a appelé à « la vérification des informations » diffusées sur les réseaux sociaux et réaffirmé son engagement à « affronter quiconque cherche à semer la discorde ou à ternir l’image des forces de sécurité libyennes ». Cette mise au point illustre la sensibilité des rapprochements entre factions, dans un contexte politique toujours fragmenté entre l’Est dominé par Khalifa Haftar et l’Ouest sous influence du gouvernement de Tripoli.
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