L’Éthiopie a fermement démenti des déclarations qu’elle qualifie d’« accusations sans fondement » l’impliquant dans des attaques de drones ayant ciblé lundi l’aéroport international du Soudan.
Dans une déclaration consultée mercredi par APA, le ministre soudanais des Affaires étrangères, Mohi El-Din Salem, a indiqué que son pays se disait « prêt à entrer dans une confrontation ouverte avec l’Éthiopie ».
En réponse, le ministère éthiopien des Affaires étrangères a rejeté, dès mardi, ces accusations, accusant à son tour Khartoum de violations de l’intégrité territoriale de l’Éthiopie.
Addis-Abeba affirme que les forces armées soudanaises minimisent, selon elle, le rôle de combattants liés au Front populaire de libération du Tigré (TPLF) dans le conflit en cours. Elle soutient également que certains éléments militaires soudanais auraient fourni armes et soutien financier à ces groupes.
Les autorités éthiopiennes assurent que les activités de ces combattants sur le territoire soudanais sont « largement documentées » et estiment que des preuves crédibles montrent que le Soudan pourrait servir de base arrière à des forces hostiles à l’Éthiopie.
Addis-Abeba accuse par ailleurs certains responsables militaires soudanais d’être influencés par des acteurs extérieurs poursuivant, selon elle, un « agenda malveillant ».
Malgré la montée des tensions, l’Éthiopie réaffirme son engagement à soutenir la population soudanaise et à préserver les relations historiques entre les deux pays voisins.
Le gouvernement éthiopien appelle également à une cessation immédiate des hostilités au Soudan, estimant qu’aucune solution militaire ne peut mettre fin au conflit.
Il exhorte les parties à convenir d’une trêve humanitaire suivie d’un cessez-le-feu durable et de l’ouverture d’un dialogue politique inclusif, conduit par des civils, afin de restaurer la paix et un pouvoir civil.
Dans son communiqué, Addis-Abeba affirme avoir fait preuve de retenue malgré ce qu’elle décrit comme de graves violations de sa souveraineté et de sa sécurité nationale dans le contexte de la guerre civile soudanaise.
Ces violations incluraient notamment l’utilisation de mercenaires liés au TPLF, ainsi que, selon l’Éthiopie, un soutien logistique et financier des forces soudanaises à ces groupes, facilitant des incursions le long de la frontière occidentale éthiopienne.
Depuis mi-avril 2023, les affrontements entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide plongent le Soudan dans une guerre qui a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes, selon des estimations internationales.
MG/as/lb/te/Sf/APA







