Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a défendu samedi 14 mars la récente hausse des prix des carburants, affirmant qu’il s’agissait de « l’option la moins coûteuse pour les citoyens », lors du banquet annuel de l’iftar de la « famille égyptienne », en présence du Premier ministre Mostafa Madbouly et de hauts responsables politiques et religieux. Selon la présidence égyptienne, cette décision s’inscrit dans un ensemble de mesures économiques destinées à préserver l’équilibre financier de l’État dans un contexte régional marqué par de fortes turbulences.
« L’État ne prend aucune décision sans étude approfondie », a déclaré le chef de l’État, soulignant que l’augmentation des prix des produits pétroliers, appliquée le 10 mars, constituait une mesure « inévitable ». Le président a toutefois reconnu l’existence d’un mécontentement parmi la population face à cette décision, estimant que les autorités avaient dû choisir « une option difficile pour éviter des conséquences économiques encore plus graves ».
Dans son intervention, Al-Sissi a également insisté sur le contexte régional qu’il a qualifié « d’extrêmement sensible », évoquant les conflits en cours au Moyen-Orient, notamment la guerre à Gaza et les tensions impliquant l’Iran. Selon lui, ces crises ont provoqué des perturbations dans le commerce mondial, entraînant une hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ainsi que des ruptures dans les chaînes d’approvisionnement, avec des répercussions directes sur l’économie égyptienne.
Sur le plan économique, le président a rappelé que l’Égypte consomme chaque année des produits pétroliers d’une valeur d’environ 20 milliards de dollars, dont une large part est utilisée pour alimenter les centrales électriques et les infrastructures énergétiques du pays. Il a averti que si les citoyens devaient payer le coût réel de l’électricité, leurs factures pourraient être multipliées par quatre.
Al-Sissi a également indiqué que l’économie égyptienne avait perdu environ 10 milliards de dollars de revenus liés au canal de Suez ces dernières années, en raison des perturbations du commerce maritime international provoquées par les crises régionales. Cette perte, équivalente à près de 500 milliards de livres égyptiennes, a contribué à réduire les marges budgétaires de l’État.
Dans ce contexte, le président a souligné que le gouvernement poursuivait les réformes économiques engagées depuis 2016 afin de limiter le recours à l’endettement extérieur et d’assurer la disponibilité des produits stratégiques. « Continuer à emprunter en devises pour couvrir ces besoins nous entraînerait dans une spirale d’endettement », a-t-il déclaré.
MK/AK/Sf/APA






